15 mars 2009
Gran Torino
Clint Eastwood a cloué pour de bon son cercueil en nous laissant un chef d'oeuvre majestueux sincère, véridique et réaliste. Puissant et corrosif. Il a tiré sa révérence d'acteur avec un film profondément humain et bouleversant orientant une réflexion sur la religion, la défiance et la méfiance des minorités ethniques. Les préjugés surannés explosent en pleine figure. Une telle sobriété ne peut que forcer le respect. Cette fois ci, il s'agit d'un film de quartier voire même un récit de voisinage. Ces deux maisons, d’un quartier résidentiel de Detroit, sont habitées, d’une part, par Walt Kowalski interprété par Clint Eastwood, veuf aigri, raciste ("faces de citrons", "rats de marais", "têtes de nems"), grincheux, vétéran de la Guerre de Corée grognant toute la journée contre ses enfants ingrats et les étrangers qui ne cessent d’envahir les environs. D'autre part, par une famille d’asiatiques issus de la communauté Hmong. Tout le film est basé sur le rapprochement entre lui et Thao (le jeune fils). Réfractaire au début, il trouvera finalement plus de points communs avec cette famille qu'avec la sienne en se laissant apprivoiser. A classer dans la catégorie acteur et cinéaste.
09 mars 2009
Walk the Line
Walk the Line est un film académique, efficace pour connaître la véritable histoire de Johnny Cash. Il faut aimer sa voix rauque pour apprécier ce biopic. Certes, il est à la mode en ce moment. L'émergence des célébrités disparues est une bonne idée sauf que parfois c'est décevant et caricatural. C'est une véritable course au biopic. Vous jugerez par vous même sur Fluctuat.
Le choix de l'acteur Joaquim Phoenix est plutôt osé et judicieux de la part du réalisateur. Comme par hasard, il a perdu son frère décédé tragiquement d'une overdose. Le frère de Cash est également décédé. Il est donc lui aussi marqué. En se sentant coupable, dés lors la notoriété et la célébrité atteinte, il plonge dans l'enfer de la drogue. Allez savoir pourquoi en regardant ce film sans regret!Il a probablement utilisé sa douleur pour incarner corps et âme ce rôle difficile et torturé. Il a réussi à mimer au plus juste le physique nerveux, raide et tendu de Cash qui est contrebalancé par la beauté rayonnante de Carter, sa femme. Il apporte tout son charisme au sombre chanteur. Tout le film est plutôt basé sur sa vie privée et sa psychologie avec comme fond sonore sa musique. Une reconstitution fidèle à son histoire.
08 mars 2009
Noces Rebelles
J’ai retrouvé Sam Mendes, connu par le passé grâce au véritable bijou familial American Beauty, dans Noces Rebelles. L’exploration de la sphère du couple, incarné par Léonardo Di Caprio et Kate Winslet, ne fait que de remettre en cause le conformisme. Il traite un sujet ambitieux et polémique « écouter ses désirs ou s’adapter à la société ». En gros, pour ne pas avoir de problèmes il faut faire comme tout le monde et la moindre originalité peut être mal perçue. Qu’est ce la normalité de la vie? Cet écho est toujours d’actualité. Un message sincère et convainquant dans la mesure où il critique les conventions et les rapports lissés par la vie en société. Tout exprime bien la lassitude transparaissant derrière ces personnages avec leur sourire et la gentillesse. Quand le masque tombe parait toujours une forme de vérité criante. Il faut avoir tout simplement du cran pour s’accrocher et pour vivre ses rêves. Le personnage qui m’a le plus marqué : le mathématicien brisé par la société. Il est le baromètre du couple et casse toute idéalisation. Je ne le juge pas comme un fou. Je pointe mon doigt sur la société qui n’a hélas supporté son originalité et la force de ses propos « hors normes ». J’étouffais tellement que j’espérais retrouver à la fin un échappatoire possible. Mais en fin de compte, c’est une descente vers l’irréparable tant attendu ... Ne vaudrait-il mieux pas être sourd face à certaine situation comme l'évoque bien la fin du film?
07 mars 2009
Harvey Milk
J'ai retrouvé, pendant deux heures, l'un de mes réalisateurs favoris Gus Van Sant. J'apprécie énormément ce man puisqu'il a réussi à marcher sur deux chemins diamétralement oposés (radical/classique) en bifurquant plusieurs fois. Je pense à Gerry, Elephant, Last Days, Will Hunting, Park ... La colère et le militantisme sont désormais devenus ses marques.
Cette fois ci, Harvey Milk (Il fut le premier homme politique américain ouvertement homosexuel à détenir un mandat électoral. Malheureusement, un an aprés son élection il fut assassiné en même temps que le maire par Dan White, l'incarnation de l'opposition à la reconnaissance du droit des homosexuels, un autre conseiller municipal. C'est terrible de savoir que ce genre de mentalité existe toujours à l'heure actuelle aux Etats Unis et en Europe) est une combinaison des deux. Le pari est réussi. Aucun prosélytisme n'est évoqué. Il défend tout simplement la tolérance, l'ouverture, le besoin de comprendre et d'accepter l'autre tel qu'il est. Et Sean Penn, bien entendu, est incroyable et a mérité l'oscar pour cette occasion. Il l'incarne à la perfection. Il est tellement magnifique et sensationnel que je n'ai jamais eu l'impression qu'il interprétait son rôle. Une métamorphose grandiose complétée par celle d'Emile Rish (Rapelez vous de lui dans Into the Wild!)
06 septembre 2008
Né un 4 juillet
Oliver Stone, ancien vétéran, dénonce l'effondrement des valeurs morales, politiques et idéologiques de l'Amérique au moment de la guerre du vietnam. Il s'est, à nouveau, servi de son expérience personnelle au Vietnam pour dénoncer le chemin tout tracé des jeunes américains (plus particulièrement celui de Ron Kovic interprêté par un Tom Cruise époustouflant!). Ce film est le deuxième aprés Platoon et Entre Ciel et Terre à critiquer l'invalidité politique de l'Amérique et à peindre des portraits des soldats engagés. Cette grande plaie ne cicatrise toujours pas. Poursuivre la lignée familiale (chaque génération a eu son lot de guerre), servir la patrie, Dieu revient à s'impliquer directement dans le conflit. Cet homme belliqueux, brisé, écoeuré et paralysé, retrouvera seulement la raison de vivre lorsqu'il deviendra un partisan de l'anti guerre. Des dialogues simples révèlent toutefois la véracité et le réalisme criant d'une société coincée dans le marasme et le bourbier ...
14 juillet 2008
Purple Rain
J’ai enfin eu l’occasion de voir le film musical Purple Rain (1984) avec Prince sur Arte. Je le considère comme une histoire s’inspirant celle de Prince. Le grand intérêt de surveiller régulièrement le programme TV! Finalement il y a de bonnes choses! Certes, c’est un vieux film mais la musique est toujours intacte. Elle est belle, forte et puissante au niveau des émotions.
Pour finir (un conseil : ne cherchez pas à traduire les paroles. Quel gâchis si vous le faites! Au contraire laissez vous guider par la mélodie musicale du texte) :
I never meant 2 cause U any sorrow
I never meant 2 cause U any pain
I only wanted one time 2 see U laughing
I only wanted 2 see U laughing in the purple rain
Purple rain, purple rain
Purple rain, purple rain
Purple rain, purple rain
I only wanted 2 see U bathing in the purple rain
I never wanted 2 be your weekend lover
I only wanted 2 be some kind of friend, hey
Baby, I could never steal U from another
It's such a shame our friendship had 2 end
Purple rain, purple rain
Purple rain, purple rain
Purple rain, purple rain
I only wanted 2 see U underneath the purple rain
Honey, I know, I know, I know times are changin'
It's time we all reach out 4 something new, that means U 2
U say U want a leader, but U can't seem 2 make up your mind
I think U better close it and let me guide U 2 the purple rain
30 avril 2008
Grey Owl
Enfin (certains blogueurs doivent se le dire !) un livre sur la défense de l’environnement par le naturaliste Grey Owl. Ce trappeur « indien » (il s’est teint les cheveux en noir, a assombrit sa peau avec du henné et a passé des heures devant un miroir à s'exercer au stoïcisme « indien »), devenu écrivain célèbre et protégeant les castors, se présentait comme le fils d'un Apache et d'une Écossaise. Or, il était en réalité un Anglais ! Son destin était plutôt exceptionnel.
Toute la richesse de cette biographie illustrée réside non seulement dans la description du tourbillon de ses aventures (jugées parfois rocambolesques !) mais aussi dans son amour pour la nature malgré son animosité et sa dangerosité. Un amour marqué par la discontinuité et l’entremêlement du présent et du passé … L’appel de la nature est totalement subjectif. La Terre-Mère m'a appelé. Elle me parle maintenant. J'ai désormais un petit peu de temps devant moi ... et je n'ai le temps de blasphémer contre la nature ...
23 avril 2008
Funny Games US
Il s’agit du remake, plan par plan, de la version autrichienne de son film Funny Games inspiré d’un fait divers réel survenu en Autriche (1997). Michael Haneke est l’un des grands cinéastes de la souffrance qui met en scène, sans difficulté, la violence banalisée. Il la dénonce sans arrêt en cherchant à procurer l'effroi ou le malaise.
J’ai été transformée en cobaye volontaire face à ce film relatant le calvaire d'une famille de bourgeois aisés en vacances. Elle va être séquestrée, humiliée et torturée sans mobile par deux jeunes hommes. Elle lutte toute une nuit pour leur vie en étant soumis à des jeux pas trés fun ... La boîte à œufs est l’élément déclencheur du crescendo de la violence absurde tant psychologique que physique. Sans nom. Sans justification. C'est terrifiant et révoltant.
Une grande interrogation sur nos propres pulsions de violence (voyeurisme, perversité, etc.). Plusieurs fois, nous sommes interloqués par le regard d'un des membres de la famille sur ce qu’il subit. Il y a également celui du jeune homme se tournant vers nous pour nous demander de participier à cette violence froide et imparable ...
22 avril 2008
Lou Reed
« Le poète du New York de la perversion »
Julian Schnabel s'est attaché, encore une fois, à perpétrer la mémoire de ceux que les drames personnels ont détruit. Un talent qui est de nouveau confirmé avec Berlin. Un documentaire qui montre l’envers de la tournée de Lou Reed à New York filmé durant cinq concerts en 2006. En 1973, l’album Berlin est un échec commercial et critique. Trente trois ans après (êtes vous bon en maths ?) Lou Reed rejoue l’album devenu mythique pour une mini tournée internationale. Julian Schnabel en profite alors pour rendre hommage à la sensibilité de ce musicien. Il estime que ce film n'est ni un vrai documentaire ni un vrai concert filmé, mais une sorte d'hybride, qui fait revivre certaines chansons devenues mythiques.
Lou Reed est inexpressif. Ce masque laisse transparaître des souffrances et une mise à distance avec son passé. Son album raconte une histoire : une sale expérience avec les psys (comme ses parents le juge excentrique et enclin à l’homosexualité ils le conduisent à l’hôpital psychiatrique pour lui faire subir vingt-quatre séances d’électrochocs!) ; trois suicides (Caroline en fin de disque, sa femme et de l’égérie warholienne (Andrea Feldman)) qui l’ont affecté ; l’enfer chimique. Mais sa voix emporte peu à peu tout le monde ... jusqu’à lui-même, visiblement ému ...
Une captation impeccable : le visage buriné de Lou Reed avec sa voix rauque est cadré très souvent par les caméras pour recevoir la puissance des sons ; un respect au niveau de la gestuelle des musiciens ; la musique et l’image sont en phase et nous submergent d’émotions palpables pour briser la noirceur de son œuvre incomprise et banni. Superbe.
16 avril 2008
Je fais un rêve

Dans ce livre, Martin Luther King nous invite à réfléchir sur le racisme, la violence, la religion et le courage. Ces dix textes essentiels méritent d’être connus, lus et relus. Ce prophète de la non-violence, malgré son mystère et son cynisme, était perspicace, lucide et ambitieux. Des qualités qui lui ont permis de comprendre toute l'ambiguïté de la relation qui le liait au monde de la politique, plus particulièrement celui des Kennedy. Il a su également utilisé les médias à bon escient en mariant la foi religieuse et la ferveur politique. Selon lui, la stratégie de la non-violence ne peut fonctionner que si l’agresseur est un être humain « normal », éprouve de la pitié et a suffisamment d'intelligence pour comprendre mon mode pensée. Là où il n'y a pas de justice, il ne peut y avoir de paix. Ce proverbe est désormais utile dans le monde d'aujourd'hui … Ses paroles résonnent toujours. Suivons plutôt son action … Nous ne rêvons plus ...








