20 avril 2009
Insolites // Bordeaux (6)

Un mirage?

Quand la nature est prisonnière de son sort ...

Le chat cherche la souris ...


Les contes du chat perché
27 mars 2009
Andy Warhol
((1er jour/Aprés midi))
Chaque fois que je fais quelque chose, le résultat est un portrait.
Cette citation correspond bien à sa personalité démultipliée (de profil, de face, avec des lunettes de soleil, avec une perruque, etc.) et à sa fascination démeusurée par les les portraits. Marilyn Monroe, Mao aux lèvres maquillées, La Joconde ou encore Jackie Kennedy, vous connaissez? Ces portraits (un mélange de photographie et de peinture appelée sérigraphie) ont fait le tour du monde et ont été vendus a des millions d'exemplaires sous forme de produits dérivés. Moi, Warhol ça me barbe. Ses portraits me gonflent malgré le principe de répétition faisant allusion à la superficialité de la société de consommation (sérielle, industrielle). Mais les oeuvres warholiennes présentées dans les magazines d'art en format réduit avec des explications me suffisent largement. J'ai l'impression qu'il est le véritable chouchou du monde artistique : chaque année, quelque part dans le monde, il y a une exposition de ses oeuvres ...
Je me suis efforcée d'y aller en espérant de retrouver Velvet Unground fondée par Lou Reed et le milieu new yorkais underground des années 1980 (Basquiat, Keith Haring, Julian Schnabel). Une fois arrivée, je me suis paumée et noyée. Cette exposition thématique ne présentant que les 130 tableaux, parmi le millier de portraits peints, du pape du pop Art est assez restrictive. Dommage qu'il y ait eu peu de détails sur la fabrication des oeuvres à la factory et peu d'ouverture sur sa vie intime ... L'ennui et la monotonie éprouvées lors de la ballade sur sa planète ne seraient-ce une prémonition? J'ai le sentiment qu'il a peint dans l'urgence et dans la brièveté pour braver un je ne sais quoi ...
David LaChapelle
Une mini escapade parisienne avec un programme muséal fort intéressant : David Lachapelle (Hôtel de la Monnaie), Andy Warhol (Grand Palais), Le Tag (Grand Palais) et Our Body-A corps ouvert (Espace 12 Madeleine). Quitter le soleil bordelais pour retrouver la grisaille et la pluie parisienne ne m'a pas trop enchantée. Heureusement que ce désagrément a été compensé par les retrouvailles amicales chaleureuses ...
((1er jour/Matin))
Environ 200 oeuvres de David LaChapelle (réalisateur et photographe de mode et de portraits), connu pour sa réputation sulfureuse ont été réunies, pour la première fois, dans un lieu particuliers. De nombreuses copies du réel, sous forme de fantasme, critiquent encore une fois la société d'hyper consommation (dans cet univers, on cherche inlasablement les valeurs humaines ...). Ce n'est ni révolutionnaire ni nouveau puisqu'il a une certaine complicité avec ce système. Par exemple, montrer le Déluge ou évoquer la dernière Cène sont des citations issus de tableaux artistiques. Il détourne l'art à partir de références connues. La plupart de ses œuvres sont une empreinte de surréalisme et d'humour. Elles sont influencées par la pornographie. D'où la plasticité des corps parfaits. C'est à la limite de l'écoeurement.
Et pourtant, ses photos analogiques, numériques au caractère polysémique sortent de l'ordinaire et vont droit au but. J'ai suivi l'évolution formelle de ce photographe : une période d'illustrations formelle passant partout et destinées à des magazines de mode suivie par une série de portraits "people" (Paméla Anderson, Britney Spears, David Beckham, Madona, Amanda Lepore (sa véritable muse), etc.) pervers et provocante avec des lumières aussi bien artificielle que naturelle. Ce que je regrette le plus : sa vision manichéenne des choses ...
Le Tag
((1er jour/Matin))
Le graffiti ne peut pas mourir, c’est avant tout une forme d’expression, un mouvement contestataire [...] Quand le skate est arrivé en France, tout le monde a crié au loup. Aujourd’hui, il fait partie de notre quotidien. Pourquoi, à l’instar des skate parcs, ne crée-t-on pas de graff parcs ?
300 toiles de même format ont été recueillie par Alain-Dominique Gallizia, un architecte et collectionneur passionné, auprès de 150 artistes taggeurs et graffeurs du monde entier. Cette collection n'est une première mondiale comme l'ont évoquée les médias. Ca fait des siècles que ce procédé existe bien et bel aux Etats Unis ... alors qu'en France le retard par rapport à la reconnaissance de l'art de la rue s'accumule à une telle vitesse qu'on s'émeut facilement en assistant au mariage de ces toiles aux murs brut de la galerie. J'aurais préféré qu'un circuit entièrement dédié à l'art urbain dans Paris ou ailleurs soit organisé. La place des tags est dans la rue qui est le théâtre de l'art vivant au gré des saisons. Le graffeur est toujours mal aimé. Traqué par les forces de l'ordre, la municipalité, les citadins, il cherche sans arrêt un bout de mur pour déposer sa marque ... Une fois enfermées dans une gallerie, je note qu'elles n'ont plus la même valeur. Ce n'est rien comparé à ces oeuvres majestueuses présentées sur le site MTO MTO
11 mars 2009
Les femmes impressionnistes
De la période impressionniste, j'ai seulement retenu des noms masculins tels que Pissaro, Degas, Monet, Manet, Renoir, etc. Tout le monde connaît ces noms. Mais peu de personnes savent qu'il y a eu d'importantes peintres, à savoir des femmes qui ont contribué à ce mouvement. Où sont-elles dans les livres? Pourquoi y a t-il un silence et un mystère la dessus? Avant tout, ce sont des artistes. Pourquoi les séparer des peintres (hommes) ayant contribué à ce mouvement? Etant perplexe, j'ai poussé mes recherches et j'en découvre quelques unes : Mary Cassat (1845-1927) ; Eva Gonzales (1849-1883) ; Berthe Morissot (1841-1895) ; Marie Bracquemont (1840-1916). Elles ont été actives professionnellement et ont exposé au Salont à Paris. Elles ont du se positionner par rapport à divers préjugés issus de la société et des hommes : Qu’une femme s’adonne au dessin ou à la peinture n’a rien d’insolite pour ses contemporains, car cette activité se situe dans la continuité des travaux d’agrément enseignés à toutes les jeunes filles de la bourgeoisie. [...]La promotion de la femme, du moins de celle des couches supérieures de la société, est ainsi à l’œuvre, et l’apprentissage du dessin, avec celui de la danse, de la musique, de la déclamation et des langues étrangères, se répand. Les femmes seront bientôt louées pour la multiplicité de leurs talents, le dilettantisme devenant la marque du génie féminin. Mais la confusion entre artistes amateurs et professionnelles qui en résulte représente l’un des principaux handicaps que les exposantes du Salon auront à surmonter. Elles devront aussi se démarquer des images négatives accolées à la pratique d’un art dans une perspective ouvertement lucrative (copies, arts décoratifs). En 1890, ce sont ces activités qui sont stigmatisées lors de la polémique qui entoure la scission de la Société des artistes français et la création d’une association concurrente, la Société nationale des beaux-arts. [...] Les femmes artistes de la seconde moitié du XIXe siècle, qui désirent négocier leur acceptation par le milieu professionnel, ont donc à composer avec un statut complexe entaché de préjugés. Malheureusement, elles tombèrent dans l'oubli aprés leur mort.
Il est possible d'avoir une vision intime Base Joconde
28 septembre 2008
34 vues contre l'oubli
34 vue contre l'oubli - Base sous marine - Du 01 septembre jusqu'au 28 septembre 2008 // Bordeaux
Les médecins du monde ont installé une chambre noire baignée de lumière rouge avec des bacs à développement, dans lesquels nous pouvons lire les témoignages de photographes, à la base sous marine. Une mise en scène originale qui m’a interpellée très rapidement. Ce n’est pas un hasard si ce décor a été choisi : ce bâtiment de guerre rappelle tout de suite l’horreur et la violence perpétrée et les 34 vues rendent la parole aux délaissés du monde. Un nom a enfin été mis à ces visages du malheur et de la souffrance indicible. Tout n’est que du silence. Cette grande lutte contre l’amnésie mérite d’être vue afin de balayer l’indifférence.
Pour ceux qui ne peuvent assister au festival de la photo à Perpignan : A voir d'urgence!
26 juillet 2008
Claude Lagoutte
Claude Lagoutte (1935-1990) : Voyages et autres traces - musée des Beaux Arts - 23 mai-1er septembre 2008 // Bordeaux
Des toiles libres de châssis et imprégnées de couleurs et de formes aux tons doux provenant des terres (boue, sable, terre) recueillies lors de ses pérégrinations dans les déserts et les montagnes. Des toiles sans cesse labourées par l’obsession de l’étendue infini et la fragilité de la liberté retrouvée sur les routes du voyage spirituel. Des toiles, mémoire des chemins parcourus, fabriquent un nouveau regard conçu pour suivre le rythme des paysages traversés (Japon, Inde, Hong Kong, Turquie, Laos, Népal, Thaïlande, Singapour) et de ses choix. Sa technique : il coupe sa toile en bandes qu’il imprègne des matières ramassées dans la nature pour, ensuite, les plier en accordéon. Il obtient des triangles qu’il colle ou coud sur une toile sans châssis.
Chaval
Chaval : Humour libre - Musée des beaux Arts - 05 juin-11 septembre 2008 // Bordeaux
J’ai enfin découvert les dessins, riche de contrastes, de Chaval. La confrontation à un embarras iconique (la plupart de ses dessins fonctionnaient avec des textes interférant aussi bien avec les images qu'avec la pensée) m’a interpellé. Il a réussi à toucher au plus profond l’être avec sa dérision. L’absurde et le rire s’entrechoquent sans arrêt pour provoquer une méditation et une réflexion sur la vie. De la sévérité et du rire. Du noir et du blanc. De la sobriété et de la discrétion. Du désespoir et de l’absurdité. Il s’est épuisé pour retranscrire, sans artifices, les situations concassées de la vie tel que la stupidité de notre société, le chauvinisme, le conformisme, etc. ... Le tout s'est soldé, selon lui, par une autodestruction menant au suicide.
17 juillet 2008
Imaginaire des ruines
Imaginaire des ruines - du 27 mai au 31 août 2008 - Base sous-marine // Bordeaux
Dans un lieu d'une beauté glaciale j'ai pu assister à une exposition particulière, celle de la confrontation des gravures de Piranèse (graveur du 18ème siècle) aux photographies de Ferrante Ferranti (photographe italien) et aux sculptures de Patrice Alexandre. La base sous-marine est un excellent endroit où se réfugier quand les températures avoisinent les 35 degrés ... C'est à réserver les jours de canicule! La fraîcheur est toujours au rendez vous.
J'ai toujours été attirée par les ruines car elles révèlent la fragilité et l'éphémère. Leur beauté abrite toujours un secret appartenant à l'histoire. Ce qui m'a le plus intrigué est l'atmosphère de la base sous-marine. Elle transpire, elle vit et colle parfaitement au thème de l'exposition. C'est une drôle de coïncidence! La présentation a été merveilleusement soignée (et ce n'est pourtant pas la première fois!) : un éclairage époustouflant mettant en valeur les oeuvres exposées et de nouvelles salles ont été volontairement ouverte au public à l'étage. Une ambiance intime et de promiscuité m'a rapprochée des oeuvres. Rien n'a été laissé au hasard puisque la scénographie consistait à recréer la décrépitude, l'enfermement et la ruine. Finalement, la base sous-marine s'est laissée envahir par la ruine piranésienne ...
19 avril 2008
Sur les traces d'Arnaudin
Jean Joël Le Fur- Sur les traces d'Arnaudin - Jusqu'au 17 août 2008 - Musée d'Aquitaine // Bordeaux
Une étonnante exposition sur l’évolution du paysage dans les Landes. La superposition des images d'Arnaudin et de Le Fur montre bien que les traces du passé s'estompent peu à peu ... Le temps efface la mémoire ... Ce photographe est retourné sur les traces de Félix Arnaudin. Il a localisé plusieurs lieux qu'il avait saisi sur plaques de verre il y a une centaine d’années. En retrouvant l’emplacement précis où Arnaudin avait posé son appareil et en utilisant la même focale, nous notons que parfois les lieux n’ont pas varié depuis un siècle, d’autres fois, au contraire, le paysage a été violemment remanié ...
Qui est Félix Arnaudin?
Simon Arnaudin, plus couramment appelé Félix Arnaudin, né à Labouheyre le 30 mai 1844 et décédé en ce même lieu le 6 décembre 1921, décrit la Grande Lande avec un oeil d'érudit autochtone. Il est à la fois un folkloriste, un ethnologue, un linguiste, un historien, un photographe, un écrivain, un des pionniers du collectage de la tradition populaire : des contes, des chants et des coutumes de "ses" Landes. Une culture pastorale est nettement mise en valeur par son amour pour la nature et les traditions landaises.
Parcourant pendant cinquante ans toute la région landaise en vélo ou à peid avec son encombrant matériel de jour comme de nuit, il se consacre entièrement à sa passion lorsqu'au milieu du XIXème siècle commence la culture intensive du pin dans les Landes. Comme il voit un monde disparaître inexorablement, il va alors le photographier pour témoigner ce qu'il voudrait préserver. En sauvant de l'oubli les traits d'un pays en voie de transformation rapide d'une civilisation traditionnelle entrain de disparaître, il lèguera un nombre impressionnant de plaques de verre aux générations futures. La constitution de ce témoignage remarquable sur la vie de nos ancêtres est l'aboutissement de mises en scènes didactiques d'un perfectionniste.
Histoire de la donation
Adrien Dupin, bordelais, passionné par les Landes poursuit sa quête des documents aussi bien écrits que photographiques chez Camille Arnaudin (neveu de Félix Arnaudin). Un lien de confiance s'établit immédiatement entre eux et ils signèrent par la suite un contrat d'édition stipulant l'autorisation de la publication des divers manuscrits de Félix Arnaudin. Plus tard, toujours aidé de Camille Arnaudin servant d'intermédiare, il sollicite la veuve de Paul Dourthe (cousin de Félix Arnaudin) détenant les plaques de verre de Félix Arnaudin. Ils décidèrent par la suite de léguer l'ensemble des plaques de verre à une institution publique : le musée d'Aquitaine de Bordeaux.
Source : Corbal, Marie. Fonds Félix Arnaudin : numérisation et élaboration d'un cahier des charges au service photographique des musées de Bordeaux. Etude de cas.











