A la recherche de Miss Cultura ...

Carnet de rendez vous pour la culture.

17 octobre 2008

Mefisto for ever

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Un théâtre qui, comme une pierre qui fait des ronds dans l’eau, émeut la vile, le pays et le monde et s’en laisse émouvoir.

Que dire? Mes mots ne traduisent pas réellement la force de cette pièce de théâtre basée sur le chaos né de la rencontre entre le pouvoir politique et la manipulation artistique. Ce fait est malheureusement toujours d'actualité. Ce sujet fait écho en chacun de nous pour poser des choix. Il est encore et essentiel de dénoncer le fascisme, l'intégrisme, sa montée effrayante et les causes de cette ascension. Quel est le pouvoir de résistance de l'art face au fascisme? Si nous clamons nos idéaux pourquoi ne nous les tenons toujours pas? Si vous avez l'occasion d'assister à cette représentation théâtrale (3h!) n'hésitez surtout pas. Vous comprendrez pourquoi.

La valeur du texte est renforcée par une mise en scène exceptionnelle et spectaculaire :  l'utilisation de la vidéo avec virtuosité, la profusion des images et du sens et une technique parfaite ne font qu'amplifier sa force. Le tout donne une dimension tragique et poétique à cette oeuvre monumentale.

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16 juillet 2008

Aimé Césaire

Aimé Césaire s'est tourné vers le théâtre pour conserver toute la poésie de ses paroles. Ces trois pièces de théâtre mettent en scène la tragédie, les drames et la lutte de la décolonisation. Ce sont des appels universels qui donnent à entendre la quête de reconnaissance. Des textes, chargés non seulement de rage mais aussi de justice, soulignent l’importance de la reconstruction. Sa pensée est, encore une fois, poétique et politiques. Ces termes sont désormais indissociables. Le sentiment qu'a l'homme de sa faiblesse et sa recherche perpétuelle de protection contre des forces qui le dépassent, en premier lieu contre des forces naturelles, c'est cela que l'on doit comprendre. Le principe d'espérance est lié à cette vision du monde. Nous sommes sur les voies d'une possible refondation de l'humanité ...

// La tragédie du roi Christophe //  J’ai suivi, à travers l'aventure haïtienne de Christophe, le destin collectif du peuple africain d'aujourd'hui . Cette pièce anticoloniale jette un regard lucide sur les conséquences et les méfaits de la décolonisation. Il ne suffit pas de gagner la liberté. Il s'agit plutôt de construire un pays à savoir un Etat en assurant des lendemains tragiques ...

// Une saison au Congo //  J’ai tout de suite vu dans cette pièce (Notons le titre « Une saison au Congo » (N'y aurait il pas derrière une allusion au poème de Rimbaud "Une saison en enfer"?) un reportage magnifié résumant en trois actes la carrière politique de Patrice Lumumba (une des figures de l’indépendance du Congo), les évènements  et les grandes étapes de sa carrière politique. J’ai également perçu un rythme incantatoire sur l’affrontement entre l’imagination (le colonialisme paternaliste) et la raison (l’aliénation des colonisés).

// Une tempête //  Une pièce de Shakespeare (finalement il ne reste plus grand chose de ce dernier!)"détournée" à la manière d'Aimée Césaire. Le recours à deux attitudes extrêmes, celles de la violence (Malcom X, Black Panthers) et de la non violence (Martin Luther King), est fondamental. De ces faits majeurs naîtront  la libération du joug colonial et la liberté salvatrice.

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15 juillet 2008

Aimé Césaire

J’ai consacré tout le mois de juin à plusieurs lectures d’Aimé Césaire : Cahier d’un retour au pays natal ; Nègre je suis, nègre je resterai ; Discours sur le colonialisme ; Une tempête ; La tragédie du roi Christophe ; Une saison au Congo. J’ai été très vite séduite par son style d’écriture dans ses œuvres engagées. Il avait fait un rêve : Noirs et Blancs sont des partenaires égaux, regardant en face leur passé, pour construire ensemble un avenir. Cela ne reviendrait il pas à détruire pour reconstruire? Sa particularité : son engagegement n'était en fait qu'un art de vivre. Il avait réussi à concilier poésie et politique qui ne mène que sur un seul chemin, celui de l'éveil et la prise de conscience salutaire. A en tenir compte : le terme négritude caractérise la condition des Noirs. Il s'agit d'un  retour à une identité propre à eux même (Ce n'était pas du tout une théorie raciste renversée… la négritude c'était pour moi une grille de lecture de la Martinique renversée, un miroir exit Aimé Césaire)

// Cahier d’un retour au pays natal // Ce long texte d’une soixantaine de pages comprenant des vers libres salue avec force les conditions inégalitaires des Martiniquais noirs descendants d’esclaves avilit par le passé colonial. Or, ils n'ont pas à avoir honte de ce qu'ils sont. Ils peuvent légitimement revendiquer leur fierté d'être noirs, leur négritude. Ce qui m’a le plus fasciné est la richesse du vocabulaire poétique. De nombreux mots complexes et rares sont utilisés à bon escient. C’est toute la magie de la langue orale. Le recours à une syntaxe particulière, hachée, désarticulée et écartelée, n’a fait que renforcer mon envie de persévérer et de découvrir ses oeuvres.

// Nègre je suis, nègre je resterai // Cet essai, composé d’entretiens avec Françoise Verges, se divise en deux parties : d’une part la première revient sur l'enfance du poète, ses rencontres, son élection sa fascination et son amour pour Haïti et d’autre part dans la deuxième partie Aimé Césaire revisite le post colonialisme qu’il a déjà abordé dans Discours sur le colonialisme. Ce n’est que de la répétition abrégée. Je suis un peu déçue par le contenu car tout ce qu’il dit ne correspond pas vraiment au titre de son œuvre annoncé. Mais il n’empêche que son esprit est toujours aussi vif lorsqu’il critique avec acuité non seulement la victimisation qui est une manière la plus paresseuse pour le Nègre de céder à son histoire ancestrale mais aussi le racisme.

// Discours sur le colonialisme // J’ai connu la douleur et la rage en lisant ce court pamphlet brûlant. Il attaque avec virulence et analyse avec finesse l’attitude hypocrite des Européens qui sont toujours incapable de reconnaître leurs torts face à l’Afrique meurtrie. Au lieu que l’échange soit une bouffée d’oxygène le Blanc a voulu conditionner le Noir. A l’heure actuelle, ce problème persiste toujours autant. Regardez les rapports entre colonisateurs et colonisés !

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03 juin 2008

Né 2 fois

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Joël Chalude a  ouvert les entrailles de mon cœur. Je me suis reconnue dans son histoire relatant certaines anecdotes issues de son autobiographie singulière « Né 2 fois ». Il m’a rendue dingue et accro à la vie en abordant non seulement le problème de communication liée à la surdité mais aussi l’inaptitude que chacun a à communiquer … C’est ma blessure et c’est celle aussi des autres. Il perçoit sans difficulté les réflexions graves et pas toujours sympathiques sur les travers des rencontres (Peter Brook, Jack Lang, l’interprète).

Un spectacle dérisoire qui m’a amené au bord de la crise de rire. Au lieu d’avoir la méchanceté, la férocité et la cruauté il utilise à bon escient un humour ravageur pour outrepasser sans limite la violence de certains évènements. Voilà sa force. Je pense que tout le monde peut en faire autant.

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20 mars 2008

Moi aussi je suis Catherine Deneuve

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-Une mère au bord de la crise des nerfs (elle essaie de tenir face à ce désordre affectif)

-Geneviève l’aînée se prend pour Catherine Deneuve et tout lui est donc permis (son insolence cache des fêlures)

-Marie la sœur cadette adepte du cutter se fait souvent des estafilades et chante pour un oui ou pour un non (elle se promène de mutilation en mutilation)

-Le fils, en tant que figurant, est loin de ce tumulte qui le laisse indifférent

Chacun a un recours à un moyen particuliers pour se libérer du carcan familial ravagé. Chacun veut exister autrement pour chasser le fantôme du passé, celui de l’amour disparu. L’incommunicabilité règne ici en maîtresse. Personne n’écoute personne. Tout va de travers. Ils sont pris dans un piège arachnéen, celui du non dit et du non écouté. Chacun se préoccupe de ses petits problèmes. Les seules solutions sont les chansons inconsistantes et le revolver …

J’étais en présence d’un texte familier, sur les relations familiales (famille je vous hais !), d’une telle noirceur que la boule serrait de plus en plus ma gorge. J’ai failli crever d’une crise d’angoisse. Ce sont des personnages que je n’aimerais pas rencontrer tous les jours. J’oscillais entre rires et larmes. Une frontière qui était parfois floue face à ces émotions … L'ombre de l'absurdité camusien était présente : de l’absurdité naît la confrontation entre l’irrationnel et le désir éperdu de clarté …

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14 février 2008

Comme dans du verre brisé

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Je suis sortie, pour la première fois, d'une pièce théâtrale bouleversée. Un contenu particuliers. Non parce que c'est une critique féroce des relations humaines et de la société (famille, travail, etc.). Mais parce que je me suis reconnue ... Le titre "Comme dans du verre brisé" est par excellence la séparation entre le sujet et le monde. J'ai déroulé le fil de ma pensée avec eux. C'était non seulement angoissant mais aussi drôle.

Trois personnages avec un décor simple (un fonds noir avec trois chaises et trois ampoules) : 2 hommes, 1 femme. Trois vies, trois voix, trois parcours qui se distinguent, s'entrecroisent, se confrontent, se contredisent et se répondent.  Ils se mettent à nu avec une sincérité déconcertante en remettant tout en question : leur choix, leur rôle, leur vie, leur espoir, leur déception, leur angoisse, leur doute. Ils nous ressemblent. Une vraie tranche d'humanité!

Vous pouvez lire un extrait du prologue pour cerner la force des dialogues http://www.lespetitsruisseaux.com.preview7.oxito.com/editions/crater/extn39.html

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22 novembre 2007

Cercles de sable

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Co création franco vietnamienne sous forme de jeu masqué. Spectacle créé et primé au Vietnam au Festival In de Hué à la Cité Impériale puis joué à Hô Chi Minh Ville et Hanoi.

Il était une fois, loin dans une contrée du Vietnam, un prince qui ne voulait pas commencer son règne par un mensonge. C’était là sa seule faiblesse …  dévoiler son visage raviné à son peuple ou porter un masque était pour lui un supplice.Plutôt que d’affronter son peuple et de commencer son règne, le prince part se cacher dans la forêt, poussé par sa tante et son oncle qui voient là une opportunité de monter sur le trône. La conspiration s’installe mais échoue et le neveu reconquiert son trône et se fait couronner roi.

Toute la réflexion philosophique est bâtie autour de la question : régner signifie-t-il se mettre à nu ? D'où le port d'un masque. Cette forme de jeu masqué nous laisse à la fois perplexe et intrigué.

Les couleurs, les parfums d'Asie, le décor, les costumes, le jeu des lumières, la musique, la langue vietnamienne nous fait découvrir tout l'art oriental. Tout paraît presque peint. Nous assistons à une peinture vivante. Quand l'art rencontre la vie ...

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15 novembre 2007

Arlequin, serviteur de deux maîtres

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C'est un spectacle en 5 langues avec des artistes vénézuéliens, guadeloupéens,haïtiens et mexicains.
"Le théâtre fusion est l'intégration et la recherche de ce qui apparaît comme un jeu puissant de contrastes mais qui fait de la vie un arcane universel. Différentes cultures, différentes langues, mais à la mode de Calderon, une seule scène du monde" Orlando Arocha (metteur en scène)

Truffaldin ne manque pas de ruse pour doubler son revenu de valet en servant deux maîtres à la fois. Ces derniers ont décidé de loger dans la même auberge. Ils sont également les deux moitiés d'un même couple amoureux. Chacun ignore la présence de l'autre. Et pourtant, tout est proche. Truffaldin ne recule devant aucune intrigue pour gagner de l'argent et conquérir la femme qu'il aime. Tous les subterfuges sont employés.

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25 octobre 2007

L'Ecclésisate - Tout est fumée

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Le Qohèlèt, dit "l’Ecclésiaste", s'adressait à la foule et enseignait le peuple. Il parlait vrai tout en s’appliquant à rendre son discours attrayant et direct.  Un homme surgit du passé. Il est toute l’humanité. Il a connu et considéré toutes les activités humaines. Il jette un regard ironique sur ce monde, sur nos illusions et nos aliénations. Tout a une fin. Tout est fumée. Jouissons de l'instant présent : savourer, déguster, jouir de la femme que tu aimes le plus ... Il insiste sur l'importance de cette vie comme le seul champ d'activité et de réalisations importantes pour l'homme avant qu'il ne s'en aille dans l'éternité.

C'est une version vivante, homogène et personnelle de L’Ecclésiaste. Le personnage de l’Ecclésiaste est le précurseur des clowns métaphysiques de Beckett.

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04 octobre 2007

La leçon

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Un professeur dans une petite ville de province, reçoit une jeune élève qui veut passer son doctorat. Il va lui apprendre successivement l'arithmétique et la philologie comparée. Mais selon les prédictions de la bonne, " La leçon" ne peut être que funeste, car "l'arithmétique mène à la philologie et la philologie mène au pire".

Une absurdité qui vire vite au cauchemar. Un humour noir décalé et cynique accompagné de clowneries verbales. Un acharnement pédagogique rappelle, entretemps, qu'il est mauvais d'être obsédé par la réussite totale de l'élève.   

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