05 mai 2009
Pompoko
Isao Takahata (réalisateur phare des studios Ghibli aux côtés de Miyazaki. Il reste toujours dans l'ombre de ce dernier.) avait déjà marqué l'histoire du film d'animation Le Tombeau des Lucioles. Il est revenu avec Pompoko, un chef d'oeuvre sous forme de conte intelligent (une exception!), émouvant et humaniste. Il traite un de mes sujets de prédilection : l'environnement et la question de survie au sein de la civilisation moderne. Des enjeux fondamentaux. L'émotion est intense. Du rire (faut voir l'omniprésence des gags des tanukis!) aux larmes. Cette merveille visuelle et narrative est d'une telle richesse que chaque nuit j'ai désormais rendez vous avec les tanukis dans la forêt... Qu'est ce qu'un tanuki? Il s'agit d'un petit animal supposé vivre dans la nature et il ressemble de loin à un raton laveur et à un blaireau. Sa particulartié : les couilles. Psst, entre nous ils sont sévèrement burnés... Dans la tradition populaire, ce sont des génies doués de pouvoirs magiques puissants. La récente disparition de leur espèce s'explique par la destruction de leur habitat naturel. Aujourd'hui, la race des tanukis est au bord de l'extinction, la plupart de ces représentants en étant réduits à faire les poubelles dans le milieu urbain, l'autre partie s'étant, selon la légende, tout simplement transformée en êtres humains pour se confondre à eux. Cette fable écologique au ton léger met en avant sans hésiter leurs pouvoirs pour stopper la déforestation perpétrée par les humains sous forme de poésie onirique...
03 mai 2009
Le monde et inversement
Chaque génération invente le monde pour elle. Mais que l'on se rencontre en cinq mois ou en cinq minutes, que l'on se jette l'un sur l'autre, ou que l'on avance jour après jour, que l'on fasse le tour de l'amour comme un chat fait le tour d'une nouvelle maison, que l'on se quitte sur un coup de rasoir tranchant ou en trois mois d'indécision, avec mille précautions et une lettre de trois pages, ou d'un coup de voyage sans retour ou de mort subite, les souffrances ne se mesurent pas ni ne se comparent, la seule vérité est que l'autre est votre oxygène.
Il y a quelques mois j'ignorais que Claude Ponti, auteur phare connu en tant que illustrateur d'albums de jeunesse, avait également rédigé des romans pour adultes. Ses albums évoquent inlassablement l'humour, la poésie des mots et la violence imaginaire des monstres. Les enfants en raffolent. Tout simplement : Les monstres de ses histoires sont tellement étrangers à notre réalité, que les enfants s'amusent à avoir peur en comprenant bien que ces effrayantes créatures n'existeront jamais qu'entre les pages de leurs livres. Des heures de bonheur! Et pourtant, Le monde et inversement se lit comme ses albums de jeunesse malgré la difficulté de se retrouver dans ce puzzle bigarré. Tous les jeux du vocabulaire et des images s'y retrouvent. Plusieurs tableaux déjantés se succèdent à une telle vitesse que parfois j'étais perdue. Ne serait-ce l'illustration de son imaginaire débridé où tout s'entremêle?
30 avril 2009
Mafalda
Puisque nos enfants se préparent tous à devenir, par notre faute, de petits Mafalda en puissance, il serait prudent de traiter la vraie Mafalda avec le respect que l’on doit à un personnage réel. Umberto Eco
Lors de l'Escale du Livre (clin d'oeil à Icar, Fabrice, Vincent et Patricia), j'ai retrouvé l'attachante Mafalda. Cette petite fille de six ans dont une place porte le nom, figure parmi les dix Argentines les plus influentes du XXe siècle. J'ai sans hésité acheté le magnifique intégrale pour replonger dans ses histoires à portée philosophique avec une touche de cynisme. C'est ma "bible", composée d'un assemblage de 12 volumes, sur ma table de nuit. Aussi loin que mes souvenirs puissent remonter, je me rappelle avoir étudié quelques extraits en espagnol de la seconde à la terminale. Ce qui me plaisait chez elle : sa candeur, son intelligence, sa curiosité, son anticonformisme, son inquiétude et sa manière de regarder l'univers adultes avec ses yeux. L'humour en toute liberté. Comme dit Joaquín Salvador Lavado, alias Quino, je ne crois pas que l’humour puisse changer quoi que ce soit, mais c’est parfois le grain de sable qui peut faire évoluer les choses. Sa particularité est de traquer sans hésiter les défauts de notre société sous forme d'humour afin de rendre plus supportable l'injustice et les aberrations. Il a besoin de dessins et de dialogues pour nous faire rire. Chaplin n’a pas besoin de mots pour faire rire, Jacques Tati non plus. Mais Woody Allen a besoin des mots pour être drôle. Ce qui fait la différence est la manière d'utiliser l'humour. Rien n'est obsolète.
29 avril 2009
Mon gras et moi
Le 22 avril, j'étais allée à la FNAC pour rencontrer l'adorable Gally. Elle m'a demandé mon péché. Je lui ai répond tout simplement le chocolat (surtout la mousse au chocolat "maison" avec de la cannelle et du gingembre!!). Comme dédicace j'ai eu droit à son héroïne tenant une gigantesque tablette de chocolat. Ses dents sont sur le point de la croquer entièrement. Toute contente, je lui adresse mes remerciements chaleureux. Son courage d'accepter les rondeurs, l'embonpoint et lutter contre les diktats de la beauté formatée méritent sincèrement des applaudissements. Je ne peux m'empêcher de penser surtout à Orlan s’étant engagée dans ce qui fait plus que son style : son langage intérieur à travers toutes les opérations chirurgicales. Son physique s'est inscrit dans la différence. A sa manière elle lutte le plus contre les canons actuels de la beauté afin de s’éloigner de tous les formatages physiques (modèles imposés désignés) et d’être soi-même. En lisant cette bd, autrefois présentée sur son blog, il y a vraiment de quoi rester sur sa faim! Ce nouveau régime est à consommer sans modération et à volonté! Drôle, tonique, revigorant, poignant, tolérant, vivant et réaliste. Sous une apparence rose dégoulinante, elle s'attaque délibérement à la tyrannie de la minceur et à l'escroquerie des régimes. Alors mesdames rassurées?
09 avril 2009
Weeds
En ce moment, je me régale avec cette série américaine acide, décalée et déjantée. Weeds n'est pas l'herbe qu'on tond ... mais cette fois ci celle qu'on fume! A consommer sans modération! J'assouvi mon plaisir sans complexe malgré les 26 minutes d'un épisode. Le double discours hors du commun me plaît. Mettre la marijuana au coeur du film, fallait l'oser pour attirer la foudre! Bien plus qu'un plaidoyer des drogues douces elle est avant tout sarcastique et engagée. Ce que j'apprécie vraiment est le traitement corrosif de certains sujets controversés (l’IVG, Bush, le racisme, les armes, etc.) ou de sujets plus tabous (le cancer, la surdité). Le sens de la dérision est énorme. Et pourtant, Weeds est dans le collimateur du CSA ...Allez savoir pourquoi!
C'est l'histoire d'une mère, Nancy, et de deux enfants qui viennent de perdre leur père. Ils vivent dans une ville conformiste (cf le délicieux générique. Imaginez une banlieue américaine avec des maisons identiques et les voitures qui sortent en même temps de leurs garages à la queue leuleu pour aller au boulot ...) et paisible (aparemment!), Agrestic, où tout le monde se connaît et se ressemble. Nancy doit subvenir seule aux besoins de la famille. Son moyen ? Vendre de l'herbe. Tout au long de la série, on assiste à l'évolution de sa personalité et des relations aussi bien familiale qu'intime. Le deal devient alors l'enjeu de toute une famille et même de toute une communauté trés standardisée.
10 mars 2009
Six Feet Under
En ce moment, je me régale avec Six Feet Under. Merci à un ami qui m'a fait découvrir cette série! Elle est incroyablement humaine puisqu'elle nous renvoie sans arrêt par rapport à nos contradictions sur la vie. Qui est derrière ce véritable bijou cinématographique? Allan Ball, le scénariste d'American Beauty. Note : je me demande parfois ce que l'actrice Rachel Griffiths fout dans cette série. Elle est d'une telle médiocrité que parfois j'ai envie de balancer la télécomande sur sa gueule. Heureusement que le scénario est bien ficelé pour l'oublier! Sinon les autres acteurs sont particulièrement touchants.
L'originalité réside dans l'ouverture de chaque épisode par un décés d'une personne qui se retrouvera en fin de compte entre les mains des Fishers (une sacrée famille dont l'occupation quotidienne est d'accompagner la famille du défunt jusqu'au bout). Chaque macchabée, présenté avec soin, influe les Fishers et rapelle leur condition de vie sur Terre. Grâce à eux, les Fishers évoluent. En parralèle, il est possible de suivre les tourments et les interrogations de cette famille. Aucun voyeurisme. Aucun climat malsain. Une étude de comportements et une interrogation sur les causes, les conséquences et les répercussions d'un tel évènement. Ce qui est surprenant : il ne tire jamais sur la corde sensible. Bien au contraire, le moindre sujet sensible apparaît facilement et naturellement.
Il y en a, parmi les blogueurs, qui risque de me dire que c'est encore un rendez vous avec le lugubre, le sinistre et la morbidité. En aucun cas ils n'y sont. Mais sachez bien que sa réussite est due à l'emploi d'un humour particuliers : décapant, cynique, noir, anticonformiste ... Bref, je ne vais pas étaler la longue liste des adjectifs qualifiant cette sublime série.
14 avril 2008
The Darjeeling Limited
Je suis fascinée par l’univers régressif et nostalgique du réalisateur Wes Anderson. Tout est abordé inclus le fameux adage « Famille je vous hais » dans le registre de la comédie. Pensez à découvrir La Famille Tenenbaum et La Vie aquatique. Cette fois ci dans The Darjeeling Limited il évoque les dysfonctionnements aussi bien au sein d’une fratrie (les frères White joués par Owen Wilson, Adrien Brody et Jason Schwartzman) que dans leur rapport avec le monde. Ils traînent avec eux leurs névroses, leurs angoisses, leurs calmants, leurs manies et les bagages paternels reçus en héritage. Une symbolique très forte basée sur le passé encombrant. Des aventures qui ne sont pas forcément rigolotes renforcées par le sens du ridicule et du burlesque. Il n’empêche qu’il y ait une forme d’élégance et de chaleur humaine.
Le folklore occidental vit à l’heure indienne pour chasser son mal être et sa détresse alarmante ... Nous sommes tous des personnages égarés. Nous sommes toujours attirés par la tentation de trouver la bonne direction et l’équilibre en nous même. Et pourtant, nous sommes tous orphelins de quelque chose ...
03 avril 2008
Soyez sympa remboninez
Les cassettes vidéo d’un loueur sont accidentellement démagnétisées. Celui-ci, avec ses amis et au fur et à mesure, de plus en plus monde, retourne les films avec les moyens du bord ...
Le réalisateur Michael Gondry (avez vous Eternal Sunshine of the Spotless Mind, La science des rêves ?) fait preuve de son univers visuel poétique, décalé et politique dans ce film charmant. De nombreuses idées généreuses qui soulignent sa dextérité et sa volonté de mélanger tous les styles. C’est léger, naïf et touchant. La bonne humeur s’en dégage toujours autant. Découvrez ou retrouvez la joie d’un cinéma bricolé et authentique. L’authenticité est l’une des motivations sous jacente de ce film. Elle est perdue dans le mercantilisme et le formatage des studios promouvant les films industriels ... Continuons à défendre l’artisanat et le commerce de proximité pour contrer l'industriel des temps modernes!
17 mars 2008
Juno
J’en suis sortie toute éveillée avec un sourire suspendu aux lèvres et une sensation de légèreté. Tout me paraissait beau à la sortie du cinéma. J’avais envie de redevenir ado pour connaître et revivre de nouveau mes premiers émois à 16 ans ...
Ce film indépendant et piquant révèle les talents des acteurs de grande qualité et d’un naturel époustouflant (surtout Juno l'ado délurée avec son franc parler). Un scénario écrit par l'ex-stripteaseuse, écrivain, blogueuse Diablo Cody. Les dialogues sont à la fois à hurler de rire, profondément émouvants et réalistes. Tout réside dans la simplicité et la coolitude avec quelques ingrédients d’intellect malgré la complexité du sujet : Juno, jeune fille de 16 ans est enceinte. Un élément sympathique qui aborde le problème délicat des jeunes futures mamans embarquées dans de nouvelles responsabilités. Je ne suis pas tombée dans le pamphlet anti avortement mais plutôt dans le hors avortement. J’étais libre de penser ce que je voulais. Je perçois ce film plutôt comme un hymne aux relations amoureuses ambiguës. Une sacrée éloge de l'anti conformisme!
09 mars 2008
Tout ce que vous avez voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander
Un film à sketches, adapté du livre du Dr Reuben (j'ai également pensé au Dr Kinsey, joué par Liam Neeson, qui avait publié un rapport historique sur les habitudes sexuelles des américains en 1948. Vous imaginez bien alors l'effet produit par la suite. Le comportement sexuel humain avait fait l'objet d'une étude scientifique.) dont le propos est tout de même assez étonnant pour l’époque (1972). Sept sketches dédramatisent en toute sincérité les histoires cocasses ou subtils en lien avec le sexe (perversion, orgasme, jouissance, etc.). Une excellente évocation des choses didactiques de la vie ! J’en redemande encore ! Il est vivement conseillé de le voir en couple.
Dans l’ordre du film vous suivrez le fou qui se coince la main dans la ceinture de chasteté de la reine ; Milos amoureux de sa brebis ravageuse ; l’ Italienne que son mari n’arrive pas à faire jouir malgré la carte des zones érogènes que lui a transmise son beau-père ; Sam qui aime se travestir quand il est en visite ; l’émission télévisée Quel est mon vice ? ; le sein géant qui s’est enfui d’un labo et qui sème la terreur dans la campagne ; les derniers instants d’un spermatozoïde(Woody Allen est excellent dans ce rôle ! Il a en tout cas provoqué des éclats de rire interminable. Mon voisin a du mettre des boules quies dans ses oreilles ! ) avant le grand saut.









