A la recherche de Miss Cultura ...

Carnet de rendez vous pour la culture.

24 avril 2009

Les corps impatients

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Les Corps impatients est un film fort à la fois dur, tourmenté, bouleversant et criant de réalisme frôlant le malaise social. Une violente empreinte humaine met en avant la maladie, le cancer de Charlotte âgée de 20 ans, qui pourrait être à la fois pudique et impudique. Paul qui l’aime et Ninon, une amie que Paul désire irrépressiblement. Ne serait ce pas un moyen pour fuir la maladie de sa compagne? Ces trois-là vont partager la maladie, le sexe, l’amour. A la vie et à la mort. La finesse de l'analyse psychologique réside dans les rapports contradictoires du malade à ses proches. Le mélange d’attrait et de rejet, d’amour et de haine, d’impuissance et de révolte, de tendresse et de sadisme, qui fait du drame physique de Charlotte un véritable drame psychologique. Pour tout dire, elle se mue tout simplement en sadomasochisme  et en jalouse exacerbée tiraillée entre les pulsions de vie et de mort. Ce comportement extrême la protège et l'aide à survivre. pour marquer finalement une victoire de la vie sur la mort. Je hais donc je vis telle qu'elle le pense sincèrement. Un souci d'authenticité. Mais est ce que les corps impatients savent réellement pardonner, et oublier la cruauté de la vie?

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23 avril 2009

Entre les murs

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Il m'a été difficile d'échapper à la palme d'or 2008. J'ai loué en toute urgence ce dvd, premier film français à recevoir cette haute distinction en 21 ans... J'ai été touchée par la richesse d’un discours profond et humaniste sur l’école d’aujourd’hui. Dans ce huis clos, nous assistons à la confrontation sous forme d'échanges et de conflits d'un prof de français (il est tellement humain avec des qualités et des défauts que nous sommes même amenés à nous demander si son portrait n'est pas caricatural. Un type simple, qui parle de tout, qui discute de tout, qui remet certaines choses en question, qui n'hésite pas à provoquer ses élèves. Mais une telle forme de provocation encourage aussi le dérapage, auquel il est parfois difficile d'échapper...) aux élèves de 4ème en particuliers  Esmeralda, Souleymane, Khoumba et les autres dans de stimulantes joutes verbales. Les ados ne travaillent quasiment jamais et surtout ne veulent rien apprendre du professeur, notamment l’imparfait du subjonctif : « Vous croyez vraiment que j’vais aller voir ma mère et que j’vais lui dire il fallait que je sois fusse. » « Bah ouais c’est dans le Moyen-âge, ça… » « Un truc de pédé. ». Nous notons que la langue française est un véritable enjeu pour l'apprentissage : argumentation, reprise de propos, interprétation, ... Bref, toute la panoplie du français aussi bien à l'écrit qu'à l'oral! L'enseignement du français se limite à quel moment (comique, polémique, violent)?  Ce film touche et interroge beaucoup sur la manière d'enseigner puisqu'elle s'invente au présent et dans certaines circonstances.

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08 avril 2009

Dis oui, Ninon

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C'est drôle, j'ai l'impression d'avoir grandi tout à coup. Ça fait mal au ventre de grandir, ça fait un noeud tout serré au milieu du ventre, c'est à cause des intestins qui grandissent aussi. C'est très triste de grandir, ça donne envie de pleurer sans larmes.

Lors d'un passage éclair à l'Escale du Livre (Bordeaux),  je me suis précipitée sur le premier roman de Maud Lethielleux qu'elle m'a gentillement dédicacé. Elle était face à moi avec son sourire malicieux et m'a souhaité une jolie balade en compagnie d'une petite fille adulte. Ninon.  Elle a coupé le cordon ombilical avec sa maman. Elle ne lui appartient plus vraiment. Elle se ballade de foyer en foyer pour illuminer le quotidien des lecteurs. Elle a réveillé la petite fille en moi étouffée. Je ne suis pas prête à l'oublier et je suis désormains prête à vivre et à exister autrement... J'ai retrouvé le sourire.

En lisant la première page, j'ai été littéralement transportée dans les pensées naives et touchantes d'une enfant de neuf ans. Celle de Ninon. En elle, j'ai retrouvé un peu Mafalda. Le personnage de mon enfance. Elle est aussi la cousine de Pico Bogue La vie et moi (tome1), Situations critiques (tome 2) le petit roquin à la tignasse ébouriffée. Sa voix résonne tout au long du livre. Tous les ingrédients de l'enfance y sont : beaucoup d'amour et d'attachement, papa, maman, ... En semant les grains de sagesse sur son chemin, elle cherche à  se construire un monde rassurant au milieu du chaos malgré la rudesse de la vie. Elle connaît les réponses.

Pour information : le deuxième roman D’où je suis, je vois la lune paraîtra chez Stock en janvier 2010.

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07 avril 2009

Odette Toulemonde

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Le sourire aux lèvres et le coeur léger malgré la sordité du quotidien (une fille adolescente à problème, un fils coiffeur gays, leurs compagnons parasites) d'Odette Toulemonde. Son côté attachant ne fait que renforcer la  fraîcheur, la grâce et le charme indéniable du film. Ce conte moderne et philosophique (histoire à l'eau de rose, satire sociale, fable morale) pourrait être aussi drôle que grave. Son thème, l'art d'être heureux, révèle l'existence d'une similarité. Il pourrait être le cousin d'Amélie Poulain et Mary Poppins. Le souffle de la multitude des petits bonheurs sur notre chemin rend toujours la vie aussi belle  ... J'ai envie de réclamer la leçon du bonheur "Comment transformer une histoire simple en un conte de fée?" auprés d'Odette. Lorsque les soucis envahissent votre quotidien pensez à la contacter! Que dire des comédiens Catherine Frot et Albert Dupontel? Ils sont tout simplement impeccables et authentiques dans leur rôle. Ils sont en pleine possession des personnages incarnés à l'écran.

Le point noir : de nombreux clichés. J'ai, parfois, l'impression que la gentillesse et la crédulité d’Odette sont tellement poussées que ça frôle le ridiculisme. Ne serait-ce pas un moyen dérisoire de se protéger de ce monde impitoyable?

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06 mars 2008

Je voudrais tant revenir

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"Le destin c'est un rendez vous avec la vie ou avec la mort. C'est en s'y rendant qu'il nous faut avoir décidé ce que l'on a choisi de rencontrer"

Un roman intimiste et profond qui ne peut me laisser indifférente. Deux hommes sont parvenu au terme d'un morceau de vie : l'un a un cancer foudroyant et l'autre est un jeune auteur. Ce qui va les lier sera l'écriture. Sa mission sera d'écrire le livre de l'homme malade en récapitulant des moments saillants de sa vie. Ils seront donc amenés à se découvrir progressivement.

Yves Simon suggère le temps qui fuit, celui qui nous emprisonne. La vie qui passe, celle qui n'offre plus rien. La construction du roman en plusieurs chapitres avec des textes courts est en corrélation avec les méandres de la pensée. Toute la richesse de ce livre correspond bien à l’image de la vie, celle qui incarne à la fois le crépuscule et l'aube de la vie d'un homme.  Des instants fragiles. Des moments frileux. Le passé, les souvenirs et les secrets sont les fils des existences particulières. De grandes et belles phrases jonchent tout le long de ce roman à la fois doux, sucré et amer. 

Un hommage aux écrivains qui savent transfigurer le réel. Les seules réponses sont fournies par l'incertitude de l'écriture.

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26 février 2008

La fleur du mal

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"Il faut faire bonne figure"

Claude Chabrol me surprend toujours avec sa conception sur la bourgeoisie et la cruauté humaine en décrivant des portraits éclatés, assemblés et croisés. Tout est lié. Mais il fait toujours le même film. Il n’y a donc plus vraiment de surprise. Je lui reproche surtout d’être routinièrement excellent.

Toute la problématique du film tourne autour de la transmission d’un lourd secret non résolu ou non expié de génération en génération. Les spectres de l’inconscient collectif hantent toujours la famille avec des unions frôlant la consanguinité et l’inceste. Tous coupable. Mais le soleil resplendissant bordelais leur permet d’être insouciant face à ce problème transgénérationnel. Que se cache t il alors derrière ce soleil ? Des nuages avec un ciel gris et des éclairs ? Un cadavre dans un placard ?

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25 février 2008

Rouge

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Je trouve que le commentaire du jury oecuménique de Cannes en 1991 est pertinent. Il résume bien ce que je pense réellement de ce film. Il n'y a donc rien à rajouter.

« Pour la première fois, peut-être, un film atteint à cette chose rare : le sublime. Il y a d’abord la beauté qui échappe ici à toute notion d’esthétisme. C’est une beauté qui naît de la chair de ce qu’elle possède de plus insaisissable et de plus incompréhensible : la voix. Cette voix de Véronique hante tout le film qu’elle soit audible ou non, présente ou absente. Elle est au-delà de la mort ou de la vie : elle est ce lien entre les deux femmes qui transgresse toutes les lois de la réalité et du destin. Rien pourtant d’extatique ou d’irréel dans cette "double vie". Tout est réel, charnel, mais empli d’une impalpable spiritualité qui n’a à voir qu’avec cette chose tout aussi intangible qui s’appelle "I’âme". L’âme au sens pur, celui de "souffle de vie" une âme qui transparaît sur le visage de Véronique, omniprésent, reflet de son monde intérieur. Kieslowski filme Véronique comme s’il suivait la respiration d’un être en train de se perdre. On sent cette angoisse de la perte et en même temps cette douceur de la mort dans l’extrême fluidité des plans, dans leur folie et dans leur constante beauté qui ne doit son existence qu’au "génie" du réalisateur. Tout est filmé comme une fuite perpétuelle des choses et des êtres qui semblent en suspens dans ce film bouleversant où l’émotion se dit avec une pudeur et une intelligence rares ».

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24 février 2008

Les poupées russes // Le péril jeune

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Une soirée entièrement dédiée à Cédric Klapisch. Ce sont deux magnifiques films générationnels.

  • Les Poupées Russes

« Je ne vais pas raconter les choses dans l’ordre, car dans l’ordre, c’est le bordel ».

Nous assistons à la vie des trentenaires, complètement déboussolés sur tous les plans, sous forme de trajectoire chaotique. Un véritable kaléidoscope d’émotions ! Des portraits sincères et attendrissants. Tout est centré sur le personnage principal, Xavier, lors de ses pérégrinations et son dilemme. Il est pressé de vivre furieusement. Un parcours accidenté le laisse désorienté en amour. Une destinée sentimentale qui nous ressemble  au niveau des interstices et des failles personnels. Cristallisation et métissage des sentiments. Il nous renvoie à nos propres interrogations sur les erreurs commises et le doute. Un grand miroir tendu à nous. Il faut savoir lâcher prise avec ses idéaux et ses rêves pour accéder à une certaine forme de vérité immortelle. Grandir revient à accepter l’imperfection des personnes. Mais la sincérité n’empêche pas de nous tromper …

  • Le péril jeune

" Il est important que les élèves ne pensent pas qu'au bac. Il faut parfois faire des petits détours dans des domaines qui ne sont pas forcément dans le programme. Bien sûr, pour obtenir de meilleurs résultats aux examens. Il faut intéresser le jeune ! N'oublions pas qu'il a 18 ans, il est plein d'une énergie débordante... qui a besoin d'être canalisée mais libérée en même temps! Le jeune est tourné vers l'avenir. Mais aujourd'hui, l'avenir ne se tourne plus vers le jeune. Doit-il aborder l'avenir en lui tournant le dos ? ... le jeune ?"

Nous suivons les tribulations de cinq adolescents en terminale dans les années 70. L’ombre de mai 68 plane toujours. Une période charnière. Le réalisateur a bien évoqué les difficultés de l’adolescence qui est un passage à l’adulte semé d’embûches. Un passage obligé et riche en sentiments aussi bien amoureux qu’amicaux. Un bel apprentissage de la vie avec toute la complexité qu’elle peut engendrer ! Nous sommes tous plus ou moins passés par là. Nous retrouvons bien dans ces personnages. Ils sont tellement proches de nous que nous nous ressemblons.

Ce que j’ai apprécié est la simplicité des décors et des dialogues. Ce qui fait la force de ce film sont la spontanéité et son naturel. Tout est déroutant. Des souvenirs partagés entre eux avec une telle intensité que nous avons le sourire suspendu aux lèvres. Chacun appréhende le passé avec ses évènements d’une manière différente. Des bouffées de nostalgie riche en émotions.

De nombreuses répliques désopilantes. Nous rions de bon cœur malgré la gravité de certains sujets. Des états d’esprits remarquables. L’humour ne serait il pas un excellent moyen pour affronter la réalité et relativiser certains évènements?

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21 février 2008

De battre mon coeur s'est arrêté

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Jacques Audiard raconte l’histoire d’un jeune homme (Tom) décidé et prêt à sortir de sa condition. Il est le pantin de son père. Nous suivons son ascension et la rage d’essayer de sortir du milieu véreux dans lequel la violence, le mépris et le chaos sont les germes de la pourriture de la société. Il trouvera un « apaisement » dans la canalisation de sa tension. Il la maîtrisera et la mettra en forme grâce à la musique le conduisant vers une forme d’indépendance. Une sorte d’échappatoire. Mais il est toutefois instable et fragile.

Toute la richesse, sur un plan cinématographique, est basée sur l’utilisation de la caméra et de la musique pour renforcer la rédemption de Tom. Nous embarquons, dés le début du film, dans le tumulte de la vie aussi bien celle de Tom que celle de tout le monde. Tout est contradictoire. Tout fonctionne par opposition primaire. Personne n’est à l’abri d’une tempête relationnelle et de la férocité des relations humaines.

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18 février 2008

Bleu // Blanc

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J'ai enfin eu l'occasion de voir Bleu et Blanc de  Krystof Kieslowski sur Arte. Et pourtant je ne suis pas une fana de la télévision! J'ai vraiment fait une exception. Le programme de l'excellente chaîne Arte mérite d'être connu. J'attends impatiemment le troisième film Rouge.

Deux histoires différentes mais les thèmes de prédilection du réalisateur revienent trés souvent : l'espoir, le destin et le hasard.

  • Bleu

L’histoire est basée sur le chagrin de la perte des proches et ses conséquences. Tout au long du film, on suit Julie (Juliette Binoche) avec sa douleur intense. Des difficultés à  s’exprimer. Elle se sépare brutalement de tout ce qui est matériel et se réfugie dans la fuite et dans la contemplation. Un retour à la simplicité et à la survie. Au lieu d’affronter cette douleur tenace, elle retrouve cette souffrance partout. Une poursuite interminable. Une quête effroyable. Chaque être, chaque note de musique, chaque apparition furtive lui rappelle le passé. Son seul moyen de « guérir » est de se réfugier dans la piscine avec la position fœtale. Le silence la protège. Un élément déclencheur sera le véritable cataclysme de sa vie. Tout va alors se remettre en place. 

Dés les premières images, nous découvrons la prédominance du bleu. Cette couleur nimbe chaque plan du  film. Le film s’ouvre sur l’asphalte teintée de bleu, la petite Anna joue avec le papier bleu entourant sa sucette, la voiture qui conduit la famille vers la mort. Un montage complètement inattendu, à la limite de l’étrangeté, avec des plans magnifiques avec des fondus au noir pour mettre en valeur les émotions et les personnages. Tout est combiné avec force.

  • Blanc

Ce film est une comédie ironique. La difficulté de s’aimer et de se comprendre chez des êtres d’une culture différente est clairement évoquée. L'injustice condamne surtout Karol. Il est perdu malgré sa bonne volonté de s'intégrer. Sa femme, Dominique, est cruelle et indiférente à son égard. Selon elle, pas de sexe, pas de mariage. Il l'aime envers et contre tout. Le seul espoir qu'il a : retourner en Pologne dans une valise grâce à un riche polonais rencontré au hasard. Il retrouvera ses marques et son ascension sociale. Mais son passé le poursuit toujours : il ne peut se résoudre à l’effacer. Il va lui tendre un piège. Je ne détaille pas plus. La surprise risque d'être gâchée. Encore une fois, la musique et les images accordent toute leur importance. Tout est basé sur la symbolique du passé, du présent et du futur.

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