A la recherche de Miss Cultura ...

Carnet de rendez vous pour la culture.

09 mars 2009

Walk the Line

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Walk the Line  est un film académique, efficace pour connaître la véritable histoire de Johnny Cash. Il faut aimer sa voix rauque pour apprécier ce biopic. Certes, il est à la mode en ce moment. L'émergence des célébrités disparues est une bonne idée sauf que parfois c'est décevant et caricatural. C'est une véritable course au biopic. Vous jugerez par vous même sur Fluctuat.

Le choix de l'acteur Joaquim Phoenix est plutôt osé et judicieux de la part du réalisateur. Comme par hasard, il a perdu son frère décédé tragiquement d'une overdose. Le frère de Cash est également décédé. Il est donc lui aussi marqué. En se sentant coupable, dés lors la notoriété et la célébrité atteinte, il plonge dans l'enfer de la drogue. Allez savoir pourquoi en regardant ce film sans regret!Il a probablement utilisé sa douleur pour incarner corps et âme  ce rôle difficile et torturé. Il a réussi à mimer au plus juste le physique nerveux, raide et tendu de Cash  qui est contrebalancé par la beauté rayonnante de Carter, sa femme. Il apporte tout son charisme au sombre chanteur. Tout le film est plutôt basé sur sa vie privée et sa psychologie avec comme fond sonore sa musique. Une reconstitution fidèle à  son histoire. 

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07 mars 2009

Harvey Milk

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J'ai retrouvé, pendant deux heures, l'un de mes réalisateurs favoris Gus Van Sant. J'apprécie énormément ce man puisqu'il a réussi à marcher sur deux chemins diamétralement oposés (radical/classique) en bifurquant plusieurs fois.  Je pense à Gerry, Elephant, Last Days, Will Hunting, Park ... La colère et le militantisme sont désormais devenus ses marques.

Cette fois ci,  Harvey Milk (Il fut le premier homme politique américain ouvertement homosexuel à détenir un mandat électoral. Malheureusement, un an aprés son élection il fut assassiné en même temps que le maire par Dan White, l'incarnation de l'opposition à la reconnaissance du droit des homosexuels, un autre conseiller municipal. C'est terrible de savoir que ce genre de mentalité existe toujours à l'heure actuelle aux Etats Unis et en Europe) est une combinaison des deux. Le pari est réussi. Aucun prosélytisme n'est évoqué. Il défend tout simplement la tolérance, l'ouverture, le besoin de comprendre et d'accepter l'autre tel qu'il est. Et Sean Penn, bien entendu, est incroyable et a mérité l'oscar pour cette occasion. Il l'incarne à la perfection. Il est tellement magnifique et sensationnel que je n'ai jamais eu l'impression qu'il interprétait son rôle. Une métamorphose grandiose complétée par celle d'Emile Rish (Rapelez vous de lui dans Into the Wild!)

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13 juillet 2008

Valse avec Bachir

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Ce premier documentaire d'animation de l'histoire du cinéma, qui d'ailleurs possède un écho trés actuel, m'a particulièrement ému. Ari Folman, réalisateur et ex soldat israélien, a réussi son pari audacieux : reconstituer son passé douloureux d'ancien soldat et témoin du massacre des palestiniens à  Sabra et Chatila (Je suppose que vous connaissez le contexte dans lequel a eu lieu ce massacre. Je récapitule même si ça paraît grossier : Tsahal avait décidé de chasser Yasser Arafat et d'éradiquer coûte que coûte l'Organisation de Libération de la Palestine de Beyrouth. Bachir Gemayel, chrétien et allié d'Israël, a été élu président et a été, par la suite, assassiné par des Palestiniens. En guise de représailles, les phalangistes chrétiens sont entrés dans ces camps pour se livrer à un massacre pendant trois jours ...) au Liban pendant la première guerre en 1982.

Bien qu'il n'ait reçu aucune récompense du festival de Cannes (j'imagine bien sa déception et sa rancoeur) je salue son courage et sa détermination pour avoir pris ce risque. Sean Penn, en tant que jury engagé (il avait pourtant promis de récompenser des films proposant une vision réaliste du monde. Il rejoint également Marjane Satrapi (je rapelle qu'elle a obtenu, l'an dernier, le prix du jury pour son film Persepolis) et Rachid Bouchareb, réalisateur d'Indigènes), aurait quand même pu inscrire ce film dans la liste des palmarès! Cet épisode, qualifié d'acte de justice et de plaidoirie contre la guerre aurait pu être ré édité. La récompense n'aurait donc pas été volée!   

Une projection intense, destabilisante, saisissante et malheureusement beaucoup trop courte (1h27)! Le poids des images, empreintes de réalisme, suffit largement pour cerner les conséquences irrémédiables de la guerre (stress post traumatique, responsabilité, culpabilité, insomnie, etc. Bref tout le cocktail explosif de la psychologie humaine!). Ce film possède une grande qualité, celle de faire oublier au spectateur qu'il s'agissait d'une animation. Je l'ai pleinement ressenti dés les premières images. Le recours au mélange d’animation Flash, d’animation classique et de 3D est excellent. C'est une forme de liberté totale. J'ai été directement propulsée dans les méandres de l'inconscient douloureux du soldat retranscrite sous forme de souvenirs refoulés, de visions, de rêves et d'hallucination. Il ne débouche que sur le basculement du film du dessin au drame réel. Ce véritable couperet ne fait qu'accentuer les blessures et la souffrance du peuple palestinien. Quand le réel rattrape l'animation  sous forme de vérité atroce ...

Conclusion : la guerre est totalement stupide, inutile, et inconcevable. Elle n'a rien de glorieuse et de glamour comme promettent certains films américains!

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22 avril 2008

Lou Reed

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« Le poète du New York de la perversion »

Julian Schnabel s'est attaché, encore une fois, à perpétrer la mémoire de ceux que les drames personnels ont détruit. Un talent qui est de nouveau confirmé avec Berlin. Un documentaire qui montre l’envers de la tournée de Lou Reed à New York filmé durant cinq concerts en 2006. En 1973, l’album Berlin est un échec commercial et critique. Trente trois ans après (êtes vous bon en maths ?) Lou Reed rejoue l’album devenu mythique pour une mini tournée internationale. Julian Schnabel en profite alors pour rendre hommage à la sensibilité de ce musicien. Il estime que ce film n'est ni un vrai documentaire ni un vrai concert filmé, mais une sorte d'hybride, qui fait revivre certaines chansons devenues mythiques.

Lou Reed est inexpressif. Ce masque laisse transparaître des souffrances et une mise à distance avec son passé. Son album raconte une histoire : une sale expérience avec les psys (comme ses parents le juge excentrique et enclin à l’homosexualité ils le conduisent à l’hôpital psychiatrique pour lui faire subir vingt-quatre séances d’électrochocs!) ; trois suicides (Caroline en fin de disque, sa femme et de l’égérie warholienne (Andrea Feldman)) qui l’ont affecté  ; l’enfer chimique. Mais sa voix emporte peu à peu tout le monde ... jusqu’à lui-même, visiblement ému ...

Une captation impeccable : le visage buriné de Lou Reed avec sa voix rauque est cadré très souvent par les caméras pour recevoir la puissance des sons ; un respect au niveau de la gestuelle des musiciens ; la musique et l’image sont en phase et nous submergent d’émotions palpables pour briser la noirceur de son œuvre incomprise et banni. Superbe.

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30 mars 2008

Ray

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J’ai revu l'histoire émouvante de la vie de Ray. L'itinéraire d'un de mes musiciens préférés (le novateur de la soul, de la country, du jazz et du rythm and blues) présenté sous ses multiples facettes. Ce génie du métissage a réussi à surmonter son handicap et son enfance mouvementée grâce à la musique et à sa propre détermination. Un portrait très humain est esquissé. Je ne le redécouvre pas mais je m’y reconnais. Je n’ai pu y être sensible. Il me fait danser et frissonner. C’est pourquoi je le désigne plus souvent par son prénom.

L’efficacité du film doit beaucoup au très mimétique Jamie Foxx qui a su jouer le rôle de Ray dégingandé sans pour autant tomber dans la caricature pendant deux heures et demie. Une véritable performance !

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21 mars 2008

Le Scaphandre et le Papillon

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« Etais-je aveugle et sourd ou bien fallait-il nécessairement la lumière d’un malheur pour éclairer un homme sous son vrai jour ? » Jean-Dominique Bauby

Jean-Dominique Bauby (surnommé Jean Do, joué par Mathieu Amalric. Il est excellent dans ce rôle physique éprouvant.), directeur de la rédaction de Elle, est victime d'une attaque qui le laisse totalement paralysé sauf la paupière de son oeil droit dont les battements sont les signes, lettres et phrases. Avec l'aide de Claude, envoyée par son éditrice, il décide alors de rédiger un livre Le Scaphandre et le Papillon. Le contenu a été dicté lettre par lettre grâce au simple clignement de sa paupière pour relater sa vie dans un corps sarcophage.  Il s'est élevé au delà des limites de son corps et de son verbe. La force de son esprit dans un corps devenu végétatif.

L’histoire rappelle un peu celle de Ramon Sampedro joué par Javier Bardem (une sacrée performance!). Son livre avait déjà fait l’objet d’une adaptation au cinéma par Alejandro Amenabar dans Mar adentro. Dans les deux cas, deux hommes prisonniers de leur corps s’évadent, voyagent grâce à leur imagination. La seule possibilité pour eux de se libérer de leur "scaphandre".

Force est de constater que Julian Schnabel a réussi à restituer des émotions vraie ressentie lors de la lecture du livre. Il n'est pas tombé dans le pathos. Un exploit réussi! Son habileté réside dans l'usage de tous les moyens (enfin presque!) cinématographiques pour rendre visuel les pensées intériorisées de Jean Do. La subjectivité de la caméra, les cadres fixes, le flouté, les fondus au noir fréquents, le plan large, les travellling, etc. renforce l'attachement à ce dernier sans tomber dans la condescendance. Tout est humanisé. Tout est touchant. Tout est poétique. Il nous retient prisonniers du film. Rien ne nous est épargné! 

Tout la problématique de ce film tourne autour de la vie : Faut-il subir un locked-in-syndrom pour éveiller la conscience d’un être humain et l'amour? Est il nécessaire de tomber malade pour prendre conscience de la valeur de la vie? C’est l’histoire de chacun d’entre nous. Nous avons tous été confrontés, plus ou moins,  un jour à la maladie et à la mort. Il suffit d'une "défaillance" psychique ou physique pour prêter attention au sens et à la beauté de la vie ...

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13 mars 2008

Basquiat

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Je suis Basquiat, un peintre d’origine haïtienne. Je suis le seul artiste de couleur qui s’est fait une place dans le monde des arts. Je dépose des graffitis sur les murs de New York la nuit avec ma démarche chaloupée. Une fantaisie provenant de mon inspiration diurne. Je dors avec dans un parc à l'abri sous un grand carton. Je suis un personnage hors du commun. J’ai eu des amis et des amours et je les ai trahis. Je me réveille la nuit pour peindre. Parfois, je ne me réveillais pas, abruti par la drogue. Je suis le graffiteur devenu l'enfant préféré de l’avant-garde new-yorkaise. Andy Warhol m’apprécie énormément. C’est mon jumeau. Nous avons beaucoup travaillé ensemble. Malgré le succés de mes toiles qui s'arrachent comme des petits pains je souffre terriblement. Julian Schnabel, le réalisateur (et aussi peintre de renom !), me connaît bien. C’est un ami. On a écrit des conneries sur moi et il a été capable de discerner le vrai du faux : J'en ai soupé de lire toutes les conneries qui ont été publiées sur Jean-Michel. Je me souviens d'un très bon article du New York Times, qui faisait une excellente analyse de son oeuvre, sauf qu'au détour d'un paragraphe l'auteur assénait que Basquiat "aurait pu devenir un grand peintre s'il avait accepté d'aller aux Beaux-Arts". C'était peu de temps après la mort de Jean-Michel. Au moins, il n'était plus obligé de lire ça. Je meurs tragiquement d’une overdose à 27 ans en 1988.

Un véritable souci d'authenticité ou un gage de fidélité pour retracer l’histoire de son ami. Il a réussi à donner sa version des faits en ne cherchant pas de réponses. Il a accepté Basquiat tel qu’il était. C’est une qualité. Mais il s’est permis de faire entorse à la vérité en offrant une jolie scène pour dire ce qu'il n'a jamais dit à son ami de son vivant. Nous pouvons voir Milo montrer une toile à Basquiat, dans son atelier sur laquelle il y a la date 12 août 1988. Ce tableau, c'est celui que Julian Schnabel a peint le jour où il a appris la mort de Jean-Michel Basquiat. Un peintre et une musique nourrissent tout le long le film. J’aurais préféré que cette histoire soit beaucoup plus longue. Peut être que l’aura du mystère de Basquiat se serait évaporé ?

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12 mars 2008

Avant la nuit

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"J'exhorte le peuple cubain de l'exil comme de l'île à continuer à lutter pour la liberté. Mon message n'est pas un message de défaite mais de lutte et d'espérance. Cuba sera libre. Moi, je le suis déjà."

Avant la nuit retrace la vie de Reinaldo Arenas (un de mes auteurs cubains préférés!) au destin avorté ayant eu un parcours de dissident : son anticommunisme, son activisme intellectuel contre le régime castriste et son homosexualité débridée. Il a crié contre le fracas des armes qui asphyxie le rythme de la poésie, de la vie. Julian Schnabel reste, encore une fois, fidèle à son histoire autobiographique. C'est un témoignage jusqu'au paroxysme de la tragédie de l'exil. Il relate son itinéraire tourmenté en tant qu'homme passionné et résolument libre : il y est question de l'interminable fuite hors de soi et de l'île natale ponctuée par la maladie du sida.

Son histoire débute par une description de son enfance misérable à Cuba pour s'achever par l'exil et le suicide aux USA. Il deviendra, en luttant pour vivre, vite la proie de l'acharnement du régime castriste : il a accordé de la valeur à la notion de l'être pour non seulement pouvoirt écrire librement sans censure mais aussi pour avoir le droit de dire ce qu'il en était réellement ce régime. Son envie de braver l'interdit a décuplé le plaisir et l'interdit. Ce sont des moyens de protestation pour lutter contre le pouvoir en place. C'est pourquoi il dit en substance avec lucidité que sa sexalité débridée a été en grande partie une des conséquences de toute dictature qui réprime le droit d'être. Malgré la répression, en voyant les écrivains renoncer à leur écrits et les homosexuels déclarés déviants envoyés dans les camps de travaux forçés, il a continué à écrire pour satisfaire son besoin d'expression. Par exemple,  cette citation J'avais deux ans. J'étais nu, debout, je me baissais vers le sol pour lécher la terre est un moment poétique intense révélant son rapport amoureux avec la Nature Mère. D'où ses gestes de sculpteur pour graver ses textes sur les arbres. Il plongera complètement dans l'écriture jusqu'au point de se sacrifier pour pouvoir acheter les matériaux. Son appétit de la vie avait besoin d'être rassasié par l'écriture et par la sexualité. Ecrire n'est plus alors un désir mais une obsession, voire même une nécessité de se soulager : il ne pouvait ni parler ni se taire. C'est un chant douloureux dont l'écho résonne à l'intérieur de sa blessure silencieuse. Il est née de cette double impossibilité. Il a vaincu l'absence, le temps et la séparation en donnant un ton bouleversant d'émotions, de grandeur, de poésie dans un univers sombre. La lumière jaillit toujours. La transcendance du réel par l'écriture, son seul oxygène, donne un ton tellurique à cette oeuvre magnifiée par le pouvoir des mots indicibles.

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11 mars 2008

Modigliani

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Je veille exprès pour voir Modigliani (un de mes artistes préférés), un film raté au ciné,  à la télévision. Il y a malheureusement la patte américaine dans ce film ! Une dramatisation hollywoodienne avec la musique techno rap (ça ne correspond pas du tout au sujet du film !). Je découvre la passion de Jeanne Hébuterne avec Modigliani, les frictions entre lui et Picasso, les paradis artificiels (absinthe, haschich), le manque d’argent, l’effervescence artistique et le Paris de 1920. J’ai également pu croiser Diego Rivera (le compagnon de Frida), Gertrude Stein et Cocteau. Leur ressemblance est sidérante ! Son portrait est un peu déformé et caricaturé. L’histoire de cet artiste n’est pas tout à fait véridique. Au lieu de mettre en lumière son travail artistique (contrairement à certains films tels que Frida, Pollock, Surving Picasso, Basquiat) l’intérêt est plutôt porté sur la vie privée tourmentée de ce peinte … Je reste donc sur ma faim! C'est intenable ...

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03 mars 2008

Persepolis

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La bande dessinée Persepolis a donné lieu à la production d'un long métrage d'a nimation. La petite Marjane est racontée par la grande Satarpi. Il a obtenu plusieurs prix, ainsi que ceux du prix du jury, du meilleur premier film et de l'adaptation. Une grande fresque animée autobiographique dans laquelle elle retrace l'histoire de sa famille en Iran de hier à aujourd'hui. Un grand bijou persan à une valeur inestimable!

J'ai suivi et évoluée avec elle. De la petite fille à l'âge adulte en passant par son adolescence avide de liberté. Je côtoie, sans arrêt, dans la joie et la douleur l'histoire des trois femmes, celle de la grand-mère, de la mère et de Marjane. Trois caractères différents face à la réalité politique cauchemardesque. Il m'était impossible de résister à son franc parler, à sa candide et à sa lucidité accompagnés d'une désarmante nostalgie. Je ne pouvais donc rester insensible et indifférente à sa manière de raconter son histoire.

Des aplats noirs ont été utilisés pour renforcer l'émotion des images percutantes. Un ton fidèle au graphisme de la bande dessinée. Ce qui m'a surpris était enfin de percevoir réellement les voix des personnages, celles de Chiara Mastroianni (Marjane), Catherine Deneuve (la mère) et Danielle Darrieux (la grand-mère). Elles étaient fidèles à celles que nous pouvons imaginer et "entendre" en lisant la bd ... Je m'attendais plutôt à voir un décalage entre la bd et l'animation au niveau des voix utilisées. Le pari audacieux a été réussi! 

Vous imaginez bien que ce film a été violemment critiqué par les autorités islamiques. Il a tout de même été projeté dans un centre culturel de Téhéran. Des personnes ont pu assister à la projection. Les responsables du centre culturel ont été obligé de censurer plusieurs scènes et les allusions à des relations sexuelles pour pouvoir le montrer. Persepolis a été condamné par le gouvernement iranien comme un film anti-islamique et anti-iranien.

Pour compléter :

- un entretien intéressant http://www.abusdecine.com/fiche-entretien.php?numero=2062

-des infos supplémentaires provenant  du CNBDI  http://www.cnbdi.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=857&Itemid=45

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