A la recherche de Miss Cultura ...

Carnet de rendez vous pour la culture.

05 mai 2009

Pompoko

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Isao Takahata (réalisateur phare des studios Ghibli aux côtés de Miyazaki. Il reste toujours dans l'ombre de ce dernier.) avait déjà marqué l'histoire du film d'animation Le Tombeau des Lucioles. Il est revenu avec Pompoko, un chef d'oeuvre sous forme de conte intelligent (une exception!), émouvant et humaniste. Il traite un de mes sujets de prédilection : l'environnement et la question de survie au sein de la civilisation moderne. Des enjeux fondamentaux. L'émotion est intense. Du rire (faut voir l'omniprésence des gags des tanukis!) aux larmes. Cette merveille visuelle et narrative est d'une telle richesse que chaque nuit j'ai désormais rendez vous avec les tanukis dans la forêt... Qu'est ce qu'un tanuki? Il s'agit d'un petit animal supposé vivre dans la nature et il ressemble de loin à un raton laveur et à un blaireau. Sa particulartié : les couilles. Psst, entre nous ils sont sévèrement burnés... Dans la tra­di­tion po­pu­laire, ce sont des gé­nies doués de pou­voirs ma­giques puis­sants. La ré­cente dis­pa­ri­tion de leur es­pèce s'ex­plique par la des­truc­tion de leur ha­bi­tat na­tu­rel. Au­jourd'hui, la race des ta­nu­kis est au bord de l'ex­tinc­tion, la plu­part de ces re­pré­sen­tants en étant ré­duits à faire les pou­belles dans le mi­lieu ur­bain, l'autre par­tie s'étant, selon la lé­gende, tout sim­ple­ment trans­for­mée en êtres hu­mains pour se confondre à eux. Cette fable éco­lo­gique au ton léger  met en avant sans hésiter leurs pouvoirs pour stopper la déforestation perpétrée par les humains sous forme de poésie onirique...

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01 mai 2009

Dictionnaire de l'amour et du plaisir au japon

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Enfin un dico qui traite sans pudeur des thèmes comme l'amour (du premier baiser au dernier adieu), le corps (comme un rocher), la beauté (tristesse et secret), la sexualité (vagin pieuvre, visage d'orage et pénis cosmique), l'industrie du sexe (l'imagination au pouvoir) et le fantastique (éloge de l'ombre). De nombreuses illustrations sont déroutantes et surprenantes. De sacrés visuels fort explicites! C'est un ouvrage indispensable pour tout amoureux du Japon et curieux de découvrir des horizons lointains ... Ce pavé se donne pour objectif de décrypter le comportement des Japonais, et surtout de définir la pensée japonaise et sa culture érotique. Elle dépasse largement le cadre de la sexualité en témoignant surtout de la création contemporaine, son enracinement dans une tradition spirituelle ancestrale et millénaire. Agnès Giard a réussi à briser les tabous en faisant de ce sujet le terrain d'investigation. Un long voyage au pays des sens vous attend désormais. 

Pour assouvir votre appétit n'hésitez pas à se promener sur son blog.

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19 avril 2009

Ponyo sur la falaise

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Ça vous arrive parfois de retomber en enfance? Courrez voir cette irrésistible fable philosophique et écolo! C'est une preuve de vitalité et du secret de la jeunesse éternelle. Ponyo sur la falaise est la cousine asiatique de La petite sirène d'Andersen. A la fois émerveillée et enchantée, je me suis laissée emportée par la force de cette animation en côtoyant l'univers aquatique et fantastique. Il en résulte un esprit égayé. Je m'en suis prise plein la vue et les oreilles grâce au fidèle compagnon de Miyazaki, Joe Hisaishi. Et pourtant, le principe reste le même : une famille monoparentale, un enfant confronté à la solitude et un être magique qui ouvre les portes d'un monde enchanteur et étrange. De ce fait, une amitié peu commune et originale naît. La créature mi-poisson mi-fillette est le fruit de l'amour entre un mage misanthrope et une déesse lunaire, Ponyo, révèle la magnificence visuelle (dessins au pastel, 2D) et les traits épurés et foisonnant de cette histoire surréaliste. De l'énergie positive et de la fraîcheur émanent de ce bijou ...

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11 octobre 2008

Fleur secrète

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Je félicite Utopia d'avoir projeté ce film japonais, vieux de trente cinq ans, sur les écrans. Un pari discret et audacieux! Un conseil : évitez d'amener votre grand mère catho assister aux dérives sexuelles les plus bordeline (bondage, scatologie, SM, viol)! Elle risque point de s'en remettre! Le trash ne rime pas forcément avec malsain. Ce que j'ai le plus apprécié : l'emploi d'un humour particuliers (surtout celui de la mère castratrice) qui se mélange à la beauté des plans frôlant l'insolence. Freud doit se retourner dans sa tombe! L'oeuvre est aussi bien sulfureuse que divertissante malgré l'esprit "bon enfant" de certaines scènes. Parfois, le grotesque dénué de charme éclot. En revanche, il serait beaucoup plus intéressant de constater que ce chef d'oeuvre ne fait que de critiquer sur un plan socio politique les auspices du désir et du sexe de la Nouvelle Vague niponne. Il ne fait que les galvauder de manière volontaire. La femme peut être castratrice et libératrice des pulsions mâles. Elle n'est finalement que le jouet de ses envies à manipuler avec ou sans modération. 

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11 avril 2008

Eros

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Trois moyens métrages réalisés par trois maîtres du cinéma contemporain : Michelangelo Antonioni (Le Périlleux) ; Steven Soderbergh (Equilibre) et Wong Kar-Wai (La Main). Trois histoires, frémissantes de désir, s'inspirent fortement de la peinture plus que du cinéma en lui-même.

L’eros est malade dans un monde où l’érotisme tend à disparaître et à être remplacé par la vulgarité. Dans la philosophie platonicienne, eros désigne la nostalgie de l'âme en quête du domaine du divin. Il signifie une sorte d'amour romantique ou esthétique. On aime parce que l'on est aimé ...

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28 mars 2008

Blue Gate Crossing

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Le nombre premier est partout : premiers émois amoureux, premières hésitations amoureuses première découverte, premier amour, première relation affective, première quête d'identité, premier trouble émotionnel… C’est une histoire de passage à l’âge adulte. Des questionnements par le biais de la découverte. Une première porte à franchir pour basculer dans l’âge adulte. Une étape universelle et commune à tout le monde. Tout est à sens unique. Ce film, criant de réalisme et de poésie, est un joli portrait de l’adolescence à multiples facettes peaufiné par la délicatesse et les personnages attachants. Personne n'est innocent.

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13 février 2008

La saveur de la pastèque

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Je ne regarderai plus jamais la pastèque, un de mes fruits préférés l'été, de la même façon. Je n'ai eu hélas le temps de compter le nombre de pastèques défilant à l'écran! Elles sont beaucoup trop nombreuses! En tant que spectactrice aguérrie, curieuse et aventurière j'ai beaucoup rigolé en le regardant. Je naviguais sans arrêt entre la surprise, l'admiration et le dégoût pour certaines scènes de sexe où le désir n'y est vraiment pas du tout. Je les juge plutôt clinique malgré l'incongruité et l'originalité. Les timides et les complexés auront du mal à accepter l'outrance de ce film construit sur le mode méthaphorique. La scène finale, le summum de ce film "choc", risque de les crisper et de les mettre mal à l'aise. Mais ils peuvent être sauvés par les morceaux musicaux où l'on chante l'amour avec des paroles passionnées. 

Il y a peu de dialogue. Des plans longs avec des grands angles pour faire participer le spectacteur contre son gré aux scènes. Du comique. Du laconisme. Du tragique. Du grotesque. Du mélodrame. De la tristesse. De la poésie. De la sensibilité. De la naiveté. Un véritable cocktail explosif pour symboliser les multiples facettes de l'humanité. Les sujets ne cesse de déambuler avec leur corps, de se croiser pour chercher perpétuellement l'étincelle de l'amour. Des zombies qui errent pour se rabattre sur la cruauté de la sexualité. Leur bouée de sauvetage. Un besoin de se sentir vivre et vivant.

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07 décembre 2007

Souffle ((Kim Ki-duk))

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"La jalousie, un souffle qui nous épuise Le pardon, un souffle qui nous soulage L’espoir, un souffle qu’on retient La passion, un souffle qu’on libère"

Un film quasiment sans paroles. Tout passe par la force des images. Un silence volontaire de la part du réalisateur pour montrer le lien permanent entre l'amour et la violence. Il fait ressortir la cruauté de l'enfermement physique et psychologique des deux protagonistes (une femme et un prisonnier condamné à mort) par l'union de leur corps. Consommation de leur souffrance. Consolation des âmes perdues dans les méandres de la pensée. La volupté unique de l'amour réside dans la certitude de faire le mal. La violence de la vie est traduite par la beauté et la qualité des images visant à interpeller le spectacteur sur la problématique du silence "méprisé" en Occident. En danger d'être détruit, nous faisons tout pour le chasser en s'enfermant dans un environnement bruyant pour combler la peur du vide et de la solitude ... 

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23 novembre 2007

Still Life

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Film de Jia Zhang (2006) - 23 novembre 20h30 - Débat avec Noel Mamère (député-maire de Bègles) et Marie Holzman (sinologue, spécialiste de la Chine contemporaine, journaliste et militante pour les droits de l'homme, écrivain)Cinéma de Bègles

Ce film prend pour cadre Fengjie (ville) et Yan-Tsé (le fleuve "bleu"). Cette ville est destinée à être complètement submergée par le gigantesque barrage des Trois-Gorges. Deux histoires sont racontées en parallèle : celle de Han Sanming, un mineur et celle d'une infirmière Shen Hong. Tous les deux cherchent à retrouver un proche, inconnu ou parti, dans une ville qui elle même disparaît progressivement ... 

Avec sa caméra numérique, Jia Zhang  nous plonge directement dans un monde où tout est fragile : les bâtiments, les rapports humains, la crue du  fleuve menancent constamment les villageois. C'est une société tiraillée entre les traditions millénaires et un pays qui s'occidentalise à une vitesse effroyable. Tout se dématérialise. L'humain est écrasé sous le poids d'une croissance sans précédent. Le réel (en arrière fond la triste réalité de la Cine avec le barrage et la politique) cotoie la fiction (les protagonistes) pour suspendre le temps. Deux types de réalité ("certaine", poétique) se conjuguent pour donner de l'intensité à ce film.  L'ombre réfléchie de la réalité plane tout au long du film sous forme de lien de réciprocité. Le recours à un rythme lent et mélancolique rappelle la souffrance imminente connue par la Chine.

Article de Marie Holzman http://www.abolition.fr/ecpm/french/article.php?art=408

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