A la recherche de Miss Cultura ...

Carnet de rendez vous pour la culture.

07 juin 2009

La FNAC viole le droit d’auteur et utilise illégalement des photos

Un article posté par

Entonnant de la part de la FNAC dont son ancien PDG Denis Olivennes fait partie de la mission sur “la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’œuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques” d’utiliser pour le son site web marchant des photos sans en faire la demande à son auteur en ne respectant pas les droits d’auteurs. En effet dans plusieurs pages concernant les  accessoires de filtre polarisant la Fnac à utilisé sans mon autorisations deux de mes photos pour montrer l’effet de ces filtre depuis ce blog dans l’article Le filtre polarisant et le mode Raw qui est très bien référencé dans google™.

Les deux images originales qui ont servis à l’illustration. C’est clair, il y a pas photo si j’ose m’exprimer ainsi !  C’est mes photos qui ont été utilisées et recadrées !

3_arbres_sans_polarisant

3_arbres_avec_polarisant

La FNAC suivrait l’adage faites ce que je dis mais pas ce que je le fais. Pourtant, elle ne ne peut se défendre d’ignorer le droit d’auteur vu que dans la partie des mentions légales de son site figure ce texte : Pour tous les textes et œuvres présentés sur ce site : Copyright Fnac Paris 1999 / 2009 Tous droits d’auteur des œuvres réservés. Sauf autorisation formelle écrite et préalable, la reproduction ainsi que toutes utilisations des œuvres autres que la consultation individuelle et privée sont interdites. Sur les deux photos, il est clairement indiqué un symbole de copyright avec une mention de mon nom et de mon pseudo. En droit suisse, (je réside en suisse et le blog est hébergé en suisse, dans les conditions générales il est indiqué  que  for juridique se trouve en suisse ) toutes photos est soumise au droit d’auteur. Il est encore rappelé sous la bannière du titre  : ©Michel Bobillier aka Athos99, tous droits réservés 2009 CGU. Toutes les photos de ce site sont protégées par copyright, si vous en désirez une, contactez moi. Aucune autorisation m’a été demandée de la part de Fnac ou d’un des ses représentants, en téléchargeant cette photo depuis mon blog, il est possible de connaître mon identité, mon nom et adresse email y figure, et de me contacter pour demander l’autorisation. La photo a été recadrée sans mon autorisation et à dénaturé sa valeur artistique sans compter que de se retrouver sur un site marchand déprécie sa valeur et me fait perdre de la proposer avec un droit exclusif. La FNAC trompe sa clientèle en laissant croire que cette photo a été prise avec un filtre polarisant Hoya alors que j’ai utilisé un  filtre de marque Canon de 77mm de diamètre et qui a probablement des qualités optiques différentes. Ce n’est malheureusement la première fois que l’on me pique des photos, mais cette fois le forfait provient d’une entrerpise d’un grand groupe (groupe PPR : Printemps, Gucci, Puma, Conforama, La Redoute) . Pourtant ce groupe est connue pour combattre  la contrefaçon,le téléchargement illégal et qui défend le droit d’auteur !

4 juin 2009, mes photos ont été retirés du site FNAC et remplacées par d’autres, apparemment ils ont eu un écho de cet article.

4 juin 2009 réponse de la Fnac : Mail d’excuse de la part du directeur marketing

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06 juin 2009

Arrestation de deux couples d'éditeurs

On a appris hier la mise en garde à vue de deux couples d'éditeurs que l'on connaît bien. L'arrestation a été menée par la police judiciaire de Marseille et les forces de l'anti-terrorisme. Il est vrai que François Bouchardeau qui dirigeait jusqu’à son récent dépôt de bilan HB éditions (avec sa femme arrêtée aussi) est un éditeur dangereux : il publie du roman, de la nouvelle. De même Samuel Autexier qui avec sa sœur ont dirigé un temps une collection chez Agone et publient la revue Marginales.

Ces quatre-là ont commis un crime très grave, susceptible de porter atteinte à la sûreté du pays : ils ont manifesté à Forcalquier (haut lieu du terrorisme) au sein du comité de sabotage de l'anti- terrorisme pour soutenir Julien Coupat (ancien directeur de la revue Tiqqun) détenu depuis novembre 2008 et présumé responsable d’avoir jeté des traverses sur une voie de TGV. (Lisez ici l’appel à la manifestation du 5 mai et voyez combien elle était une menace pour la société)

Aussi grotesque que soit cette arrestation (à laquelle fit suite celle d’un membre de la Ligue des Droits de l’Homme de Forcalquier), elle n’en demeure pas moins inquiétante. L’éditeur Éric Hazan avait eu droit lui aussi à un tel traitement de faveur pour avoir… publié un livre que les pandores soupçonnent d’avoir été écrit par Julien Coupat. On riait de voir les musclés de l’anti-terrorisme s’effrayer du nombre de livres saisis chez Julien Coupat. Aujourd’hui, il semblerait que pour les forces de l’ordre, une bibliothèque soit à elle seule une preuve accablante de l’appartenance de son propriétaire à un réseau terroriste.
La moindre des choses que nous pouvions faire était de vous tenir informés.

Dans quel pays vivons-nous où les auteurs et les éditeurs sont assimilés à des terroristes dès lors que les idées qu'ils professent ne conviennent pas à quelques-uns ? Dans quel pays vivons-nous où le moindre délit (ici : avoir photographié un élément de la maison secondaire du directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini) vaut une garde à vue pouvant atteindre les 96 heures ? Dans quel pays vivrions-nous si nous ne réagissions pas à ça ?

C'est tout simplement inquiétant et consternant!!

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08 mai 2009

Polaroid, le défi impossible

Un article vraiment intéressant sur un nouvel horizon possible pour Polaroïd ...

L'usine Polaroid, dont les vastes bâtiments se dressent juste à côté du centre-ville d'Enschede, une ville industrielle à l'est des Pays-Bas, comptait il y a quelques années 1 200 ouvriers. Aujourd'hui, ils sont onze. Le plus jeune a 51 ans, ils ont entre vingt-trois et trente-quatre ans d'ancienneté. Ils ne travaillent plus pour Polaroid, qui a fait faillite, mais pour une start-up, qu'ils ont baptisée "Impossible". Leur mission : relancer la fabrication de la pellicule à développement instantané pour les célèbres appareils Polaroid. Mais cette fois, ils travaillent à leur compte, en toute liberté.

Affaiblie par la concurrence de la photo numérique, puis mise à mal par une série de décisions de la direction générale aux Etats-Unis, la société Polaroid a périclité en quelques années. En juin 2008, l'usine d'Enschede ferme, après une longue agonie. Tout le monde se retrouve au chômage ou en préretraite, sauf une équipe de quatre personnes, dirigée par le directeur technique, André Bosman, 55 ans. Depuis fin 2007, André est chargé de démanteler les installations, de vendre ce qui est vendable et de détruire le reste : "Une tâche éprouvante, j'avais consacré vingt-huit ans de ma vie à cette usine."

André ignore alors que son destin se joue à 1 000 km de là, à Vienne, en Autriche. Là-bas, un homme seul, Florian Kaps, se bat depuis des années pour sauver Polaroid. Concepteur de sites Web et de communautés en ligne, Florian, un Autrichien âgé aujourd'hui de 39 ans, était responsable des activités Internet de la Lomographic Society, célèbre auprès des photographes du monde entier pour avoir lancé le mouvement artistique "lomographique", regroupant les adeptes d'un art photographique spontané et irréfléchi, affranchi de toute contrainte technique.

Florian essaie de négocier un partenariat avec la direction de Polaroid, en vain. En 2005, la société avait été rachetée par le financier Tom Petters : "Il avait décidé dès le départ de casser l'outil industriel, affirme Florian, il voulait juste exploiter la marque pour vendre des imprimantes et des téléviseurs." Faute de mieux, Florian devient distributeur de pellicules sur Internet. A ce titre, il reçoit en juin 2008 une invitation pour la "Fête de fermeture" de l'usine d'Enschede. Pris d'une inspiration subite, il décide de faire le voyage, pour rencontrer André Bosman.

Le samedi soir, attablé devant une bière, Florian fait à André une proposition folle : créer ensemble une start-up qui s'appellera Impossible, trouver l'argent pour acheter les machines, et faire redémarrer l'usine. D'abord abasourdi, puis sceptique, André se laisse gagner par l'enthousiasme de Florian. Le lundi matin, il se précipite à l'usine et ordonne à l'équipe d'arrêter la démolition.

Commencent alors des négociations tortueuses avec Polaroid, qui finit par accepter de vendre ce qui n'a pas encore été détruit. Entre-temps, aux Etats-Unis, Tom Petters a été emprisonné pour escroquerie dans une autre affaire, Polaroid a été mise en redressement judiciaire.

A Enschede, le promoteur qui avait racheté les murs loue à Impossible l'un des bâtiments, à prix de faveur. A Vienne, Florian réussit à trouver 1,2 million d'euros, juste assez pour se lancer : "Mes investisseurs sont des amis et des passionnés de photo analogique. L'un d'eux a hypothéqué sa maison pour financer son apport." L'étape suivante consiste à réunir une équipe capable de mener à bien cette entreprise. Or, Impossible ne peut se permettre d'embaucher qu'une dizaine d'hommes à leur salaire antérieur. André établit une liste de vétérans qu'il connaît bien, des hommes compétents et dotés d'un solide esprit d'équipe. Et là, surprise : les dix premiers contactés acceptent tous de se lancer dans l'aventure.

Benny Evers, machiniste, 56 ans dont trente-deux chez Polaroid, cherchait du travail, car l'assurance-chômage l'y obligeait, tout en sachant qu'il ne trouverait rien. Il se morfondait chez lui, se querellait avec sa femme. Son copain Henk Minnen, 57 ans, ingénieur, avait été contraint par l'assurance-chômage d'accepter un poste d'aide-soignant dans une clinique pour vieillards atteints de la maladie d'Alzheimer : "Une expérience intéressante, mais difficile, je n'étais pas préparé."

Paul Latka, 51 ans, informaticien, avait mal vécu son licenciement : "Quand on a annoncé la fermeture de l'usine, je suis rentré et j'ai pleuré." Il avait trouvé un emploi dans un centre de distribution de vêtements : "L'ambiance était chaotique, les chefs se faisaient la guerre. Je devenais dépressif." Martin Steinmeijer, 51 ans, chimiste, était en convalescence après une opération du coeur. Malgré sa maladie, pour éviter le chômage, il avait passé un concours afin de devenir prof de chimie : "J'ai réussi, mais je n'avais pas la vocation. En fait, l'enseignement me faisait peur." Gérard Kamphuis, 56 ans, électricien, avait réussi à se faire embaucher avec un bon salaire par une entreprise de travaux publics. Pourtant, comme ses camarades, il ne résiste pas à l'envie de se lancer dans une aventure si incertaine. Benny résume l'état d'esprit général : "L'argent, on s'en moque, nous faisons ça pour le plaisir. Réussir l'impossible, à nos âges, quoi de plus excitant ?"

Le seul à se faire désirer fut Kees Teeckman, 59 ans, ingénieur : "J'avais enfin réussi à me faire à l'idée que l'usine allait disparaître. Quand André m'a demandé de revenir, je venais de mettre à la poubelle la moitié de ma documentation personnelle. J'ai hurlé : pourquoi tu n'es pas venu plus tôt ? Toutes mes émotions ont resurgi, c'était très stressant." Après une petite crise intérieure, Kees a rejoint ses amis : "Si nous réussissons, je ne dessoûlerai pas pendant une semaine."

Yves Eudes. 07/05/09. Le Monde

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02 avril 2009

L'appel des éditeurs

Face à l’arrogance des illustrateurs, mobilisons-nous !

Signez la pétition

La confédération des professionnels de l'édition

Posté par misscultura à 10:19 - °Coin du débat° - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mars 2009

La presse écrite est-elle une forme de service public ?

Pour prolonger le débat ...

L'Etat a-t-il vocation à subventionner la presse écrite ? L'annonce par Nicolas Sarkozy, fin janvier, d'une aide exceptionnelle de 600 millions d'euros accordée sur trois ans a été diversement accueillie. Si les éditeurs ont été unanimes à saluer l'engagement de l'Etat, des commentateurs, à droite et à gauche, ont trouvé cette générosité suspecte. Certains au nom du libéralisme, comme l'Institut Montaigne, qui souhaiterait que l'Etat mette un terme aux aides à la presse et favorise la création de grands groupes plurimédias. D'autres au nom de l'indépendance, comme les initiateurs de l'Appel des six (MédiaPart, Le Nouvel Observateur, Les Inrockuptibles, Marianne, Rue89 et Charlie Hebdo), qui dénoncent "la consanguinité entre le pouvoir politique, les médias et les milieux d'affaires".

La suite sur Le Monde

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21 mars 2009

Un célèbre blogueur birman condamné à 20 ans de prison

Un célèbre blogueur birman, Nay Phone Latt, qui avait été arrêté en janvier après les grandes manifestations contre la junte militaire, a été condamné à vingt ans de réclusion dans la prison d'Insein, a annoncé mardi un porte-parole de l'opposition.

Pour en savoir plus.

Posté par misscultura à 09:36 - °Coin du débat° - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2009

Presse américaine

Cet article, qui fait le point sur les 16.000 licenciements advenus dans la presse américaine en 2008 et ceux qui ont déjà eu lieu cette année, est un véritable coup de poing. La plupart des plus célèbres quotidiens américaines sont en train de mettre la clef sous la porte, les autres sont au bord de la faillite. L'illustre et très sérieux Christian Science Monitor, centenaire, a d'ores et déjà cessé sa parution papier.

D'autre part,
l'Union des Photographes Créateurs vient de lancer une pétition pour sauver la photographie de presse, je vous engage tous à la signer: sans photo, pas d'article. Déjà près de 2000 signataires...

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12 mars 2009

Et si on s'était trompés sur le Tous journalistes?

Encore un article déprimant mais très intéressant que l'on peu décliner sur photographes, iconographes.

Par ici.

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06 mars 2009

La presse écrite est-elle une forme de service public ?

L'Etat a-t-il vocation à subventionner la presse écrite ? L'annonce par Nicolas Sarkozy, fin janvier, d'une aide exceptionnelle de 600 millions d'euros accordée sur trois ans a été diversement accueillie. Si les éditeurs ont été unanimes à saluer l'engagement de l'Etat, des commentateurs, à droite et à gauche, ont trouvé cette générosité suspecte. Certains au nom du libéralisme, comme l'Institut Montaigne, qui souhaiterait que l'Etat mette un terme aux aides à la presse et favorise la création de grands groupes plurimédias. D'autres au nom de l'indépendance, comme les initiateurs de l'Appel des six (MédiaPart, Le Nouvel Observateur, Les Inrockuptibles, Marianne, Rue89 et Charlie Hebdo), qui dénoncent "la consanguinité entre le pouvoir politique, les médias et les milieux d'affaires....

Suite sur Le Monde

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La fin des journaux, le début d’un nouveau journalisme ?

Avec comme invités :
- Bernard Poulet, rédacteur en chef à L’Expansion et auteur d’un ouvrage récent sur l’avenir de l’information (chez Gallimard) : « La fin des journaux »
- Philippe Couve, journaliste à RFI où il anime « L’Atelier des médias » et pilier du blog collectif Médiachroniques consacré à la veille médias.

Comment réinventer le journalisme ?

Un éditeur américain (Media News Group) expliquait qu’il y a avait dans le métier « trop de geignards » qui « chérissent notre histoire » comme si on pouvait la faire revivre. Il ne faut pas se voiler la face : « il est peut-être temps de paniquer » déclare Bernard Poulet dans son livre ; être convaincu que la catastrophe arrive permet de l’éviter. Quatre causes :

- internet qui fait plus que détourner le lectorat : internet morcelle la publicité

- culture du tout gratuit (l’information peut même devenir un produit d’appel pour autre chose)

- migration des budgets publicitaires (qui vont moins dans la presse)

- désaffection du public pour l’information (et il ne s’agit pas que des jeunes !) ; baisse de l’assiduité et nouvelles façons de consommer l’information (on picore plus, on approfondit moins)

En France on a beaucoup dit que l’écrit et le besoin d’information dureraient…Or pour la première fois les annonceurs n’ont plus besoin de passer par l’information pour véhiculer leurs messages : la presse ne peut plus être financée comme elle l’a été jusqu’à présent. Et la publicité qui est partie ne reviendra pas ! Deux solutions :

- réduire la voilure (le format, les effectifs …), augmenter un peu internet, et on laisse passer la crise : c’est un déni de réalité !

- aborder le problème dans sa réalité

Newsweek a décidé qu’ils n’enverraient plus de reporter sur des sujets du type accident d’avion, pour ne traiter que les sujets sur lesquels ils ont qqch d’original à dire ; ils ont même pour objectif de réduire leur lectorat ! Ils cherchent une audience plus exigeante, qui paiera plus cher

Voir article récent dans Libé sur la presse américaine

Comment renouveler l’information de masse de qualité ?

Bernard Poulet pense qu’une grande partie du papier va disparaître ; est- ce que ce marché, même réduit, sera rentable ? La rentabilité reste nécessaire : on peut par exemple augmenter le prix si on diffuse moins, mais il faut de toutes façons trouver un équilibre. Les magazines devraient aussi se poser des questions, car ils dépendent encore plus de la publicité que les quotidiens !

Récemment Le Monde a écrit une page sur le New York Times

Certains éditeurs pensent qu’il restera toujours au moins un grand titre de presse quotidienne (et chacun veut être celui-là ! c’est une sorte de bataille pour le dernier survivant dans chaque pays).

Bernard Poulet : que devient la société s’il n’y a plus de journalisme de qualité ? Les gens ont besoin d’information (ce qui n’est pas la même chose qu’être au courant de qqch) ; le besoin d’information est-il un leurre ? Les gens sont-ils vraiment prêts à approfondir ?

Va-t-on vers une information à deux vitesses?

- le low cost pour le grand public (qui veut juste être au courant) avec un niveau d’exigence faible, diffusé gratuitement ou presque

- pour le public qui a besoin de ‘véritable’ information, un journalisme riche pour des riches, un niveau d’exigence supérieur à ce qui se fait actuellement (besoin d’une plus-value, le lecteur paie pour une expertise et un talent)

Philippe Couve : le Web pour le grand public arrive en France dès 1995; qu’est ce que la génération qui était aux commandes de la presse alors a donc fait alors ? N’ont-ils pas failli ? (et ne continuent-ils pas ?!) Il y a des facteurs de rigidité dans les rédactions.

Les règles du pouvoir aussi ont changé : l’information ne vient pas juste de l’AFP de façon linéaire, elle peut désormais partir d’un blog par exemple, l’information est plus que jamais en réseau. Pendant trop longtemps on s’est voilé la face : aujourd’hui, une entreprise comme L’Oréal n’a plus besoin de la presse (voir leur site internet : il se suffit à lui-même) On ne voulait pas voir que les gens ne lisent pas tous les articles ! Levée de boucliers quand Le Monde a voulu réduire la part des jeux d’échecs…  On peut aujourd’hui s’informer sans les journalistes (la photo de l’accident d’Hudson était sur le Web avant même que son auteur soit descendu du ferry d’où il avait pris la photo avec son portable !) . Demain c’est peut être chez Nokia que travailleront des journalistes  : ils ont un service d’information par téléphone spécialisé auprès d’agriculteurs, où ils donnent des conseils pour les récoltes, la météo, les marchés dans le secteur – toutes ces informations étant profilées selon le destinataire = un info service.

N’y a-t-il pas un problème de modèle économique ?

Philippe Couve : l’info low cost c’est un service comme l’eau du robinet

Est-ce que les gens seront prêts à payer pour une autre information ?

XXI : trimestriel, 15 euros (25000 / 30000 exemplaires vendus), un coffret en fin d’année avec les quatre numéros

Philippe Couve : Le journaliste doit rendre des comptes, problème de confiance vis-à-vis des lecteurs. Il y a des moyens (sur le Web) pour restaurer ce lien de confiance ; quand il diffuse une interview pendant une émission (qui a été coupée au montage) il met l’intégralité de l’entretien sur internet : c’est comme la traçabilité du bœuf ! ça existe (pas de problème de place / de durée sur le Web), peu importe si les gens vont voir l’intégralité du document, ils y ont accès, c’est transparent, ils peuvent comprendre pourquoi il y a eu des coupes au montage.

Bernard Poulet : Beaucoup de possibilités avec internet certes, mais peut-on financer une proposition d’information sous n’importe quelle forme dans les conditions économiques d’aujourd'hui ? Ne pas se faire d’illusions sur la production d’information  : qu’est ce que l’information  ? (lors des évènements de Bombay, Tweeter a diffusé un flot continu d’informations, mais du coup confus). Le journal donnait un paquet d’informations (allant de la grande enquête à la météo) ; internet éclate ce paquet ; comment peut-on alors produire (économiquement parlant)  de l’information politique, sociale … ?

Pierre Haski - Rue89 - est gêné par le fait que Bernard Poulet n’envisage pas qu’on fasse du journalisme de qualité sur internet. Les dix premières années, Libé ‘bricolait’ pour tenir (pas de publicité, etc.), se cherchait un fonctionnement. Pierre Haski ne doute pas qu’on trouvera un modèle économique pour la presse avec le Web – pour l’instant on le bricole, mais c’est normal, une entreprise ne se monte pas en deux ans. Comme pour le papier, il y aura le meilleur et le pire. Chacun doit travailler à ça et le modèle se façonnera.

Accés gratuit à toutes les chaînes télés du monde Livestation

Un site anglais (qui existe depuis quelques mois) mélange journalisme ‘citoyen’ et professionnel  : déjà ils vendent du contenu à de grands titres nationaux; Partout il y a des expérimentations  : Pierre Haski a optimisme absolu sur notre capacité à innover ; on peut retrouver notre indépendance, des liens avec le lecteur. Il y a une crise du lectorat mais aussi une crise du journalisme, et on ne peut pas résoudre l’une sans l’autre.

Philippe Couve : contributions des internautes : à expérimenter ; il ne faut pas avoir d’idées préconçues vis-à-vis des ces opinions, car cela permet de faire des choses, par exemple des enquêtes participatives qu’il aurait été quasi impossible d’organiser autrement que par le Web. C’est dans les pays où le service public radio / télé est plus fort que la presse se porte le mieux (et vice-versa); Philippe Couve rôle fédérateur / tissu social des médias ; ce n’est plus aussi vrai. L’âge moyen des lecteurs du Monde est de 55 ans, celui des auditeurs de France Inter 59 ans : déjà les médias ne réunissent pas toute la communauté. On est plus désormais dans l’ère de la communauté d’intérêt. Lira-t-on un article de cinq feuillets sur écran n’est pas la bonne question. Aux débuts de la radio, on demandait à des acteurs de lire des articles de presse écrite ; il a fallu du temps pour que les journalistes de radio comprennent la spécificité de ce média et qu’ils trouvent leur langue.

Perspective du journal électronique ?

Bernard Poulet : le support (que ce soit un écran, de l’e-paper, etc.) ne change pas le problème qui n’est pas technique.

Mediapart a des difficultés à faire payer pour de l’information généraliste.

Philippe Couve : l’enquête journalistique permet de montrer deux types d’information  :

- l’information difficile à connaître qui nécessite donc beaucoup de recherches

- des choses visibles, mais qu’on ne sait pas voir (nécessite un travail de réflexion) : internet peut aider ici

Les journalistes ont aussi perdu le contrôle de la hiérarchisation de l’information  ; sur internet, il n’y a plus de quantité à respecter, ni vraiment de périodicité (pas d’heure d’impression) Pourtant on parle encore de journal sur internet. Les acteurs (Google, Nokia, Orange …) sur internet sont plus nombreux que les journalistes ou groupes de presse : ils occupent le marché finançable.

Philippe Couve : rôle de guidage dans cet univers foisonnant d’informations = un journalisme de liens plus qualitatif

L’hyper-local est-il un vrai besoin ? Un grand quotidien local de Denver a récemment mis la clé sous la porte … La personnalisation de l’information est-elle l’avenir ?

Philippe Couve : la diffusion c’est les autres ; publier sur internet ce n’est pas diffuser.

Source : ANI

Posté par misscultura à 08:21 - °Coin du débat° - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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