25 février 2008

Rouge

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Je trouve que le commentaire du jury oecuménique de Cannes en 1991 est pertinent. Il résume bien ce que je pense réellement de ce film. Il n'y a donc rien à rajouter.

« Pour la première fois, peut-être, un film atteint à cette chose rare : le sublime. Il y a d’abord la beauté qui échappe ici à toute notion d’esthétisme. C’est une beauté qui naît de la chair de ce qu’elle possède de plus insaisissable et de plus incompréhensible : la voix. Cette voix de Véronique hante tout le film qu’elle soit audible ou non, présente ou absente. Elle est au-delà de la mort ou de la vie : elle est ce lien entre les deux femmes qui transgresse toutes les lois de la réalité et du destin. Rien pourtant d’extatique ou d’irréel dans cette "double vie". Tout est réel, charnel, mais empli d’une impalpable spiritualité qui n’a à voir qu’avec cette chose tout aussi intangible qui s’appelle "I’âme". L’âme au sens pur, celui de "souffle de vie" une âme qui transparaît sur le visage de Véronique, omniprésent, reflet de son monde intérieur. Kieslowski filme Véronique comme s’il suivait la respiration d’un être en train de se perdre. On sent cette angoisse de la perte et en même temps cette douceur de la mort dans l’extrême fluidité des plans, dans leur folie et dans leur constante beauté qui ne doit son existence qu’au "génie" du réalisateur. Tout est filmé comme une fuite perpétuelle des choses et des êtres qui semblent en suspens dans ce film bouleversant où l’émotion se dit avec une pudeur et une intelligence rares ».

Posté par misscultura à 09:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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